Du 15 au 18 avril, le Pape Léon XIV posera le pied sur le sol camerounais. Une visite apostolique très attendue. Mais derrière les fastes diplomatiques se dessine un tout autre portrait du pays. Un Cameroun meurtri, fragmenté, où la jeunesse étouffe.
Une visite sous haute tension
Le souverain pontife effectuera sa première visite officielle au Cameroun au printemps prochain. Si le Vatican met en avant le dialogue interreligieux et la paix, la réalité du terrain est plus complexe. Le pays qu'il s'apprête à parcourir est miné par des années de conflits.
Les foyers de guerre toujours actifs
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Depuis plusieurs années, le Cameroun fait face à une crise sécuritaire majeure. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la guerre du Noso oppose l'armée aux séparatistes anglophones. À l'Extrême-Nord, le groupe jihadiste Boko Haram continue de semer la terreur. Deux fronts, une même saignée humaine et économique.
Une élection présidentielle sous le signe de la répression
Le 12 octobre 2025, les Camerounais ont voté. Mais dans les mois qui ont suivi, des centaines de jeunes ont été arrêtés. Beaucoup croupissent encore en prison. Certains y ont laissé la vie, à l'image d'Ekane Anicet. La répression post-électorale est dénoncée par les organisations de défense des droits humains.
La jeunesse sacrifiée sur l'autel de l'inaction
Du Nord au Sud, d'Est en Ouest, le constat est le même. Les jeunes sont désœuvrés, sans perspective. Les coupures d'eau et d'électricité paralysent le quotidien des ménages. Les routes, elles, sont dans un état catastrophique, isolant des villages entiers. La colère gronde.
Une société qui se fracture
Dans ce climat de défiance, un phénomène nouveau émerge. Les crimes passionnels se multiplient. Signe d'un mal-être profond, d'une société qui se délite. La violence n'est plus seulement politique ou terroriste, elle s'invite désormais dans les foyers.
Le dilemme du Saint-Père
Léon XIV se rendra-t-il dans les zones sinistrées ? Rencontrera-t-il les familles des victimes de la répression ? Devra-t-il faire l'autopsie d'un pays à vif et appeler à arrêter la saignée ? Ou se contentera-t-il d'une visite de courtoisie, loin des douleurs du peuple camerounais ?