Après plus de 14 mois d'attente, de démarches administratives et de négociations entre ministères, l'ambulance animalière portée par Om Lombard a enfin pris la route pour la première fois hier. C'est en mai 2025 que le public découvrait pour la première fois ce projet paru dans nos colonnes : une ambulance entièrement équipée pour la prise en charge d'animaux en situation d'urgence. À l'époque, le véhicule était prêt, aménagé et opérationnel sur le plan technique.
Pourtant, il ne pouvait pas encore circuler. En cause : l'absence d'un document d'homologation indispensable pour enregistrer le véhicule comme utilitaire auprès du ministère des Transports. Une formalité administrative en apparence simple, mais qui s'est révélée être un véritable parcours du combattant.
Plusieurs courriers avaient été adressés aux autorités compétentes, notamment au ministère des Transports et au ministère de la Santé, afin d'obtenir les autorisations nécessaires. Si le projet avait été favorablement accueilli sur le principe, une impasse juridique persistait : la législation mauricienne ne prévoyait pas encore de cadre spécifique pour les ambulances animalières. Un véritable casse-tête administratif s'était alors installé entre les deux ministères. Le ministère des Transports attendait un cadre sanitaire clair, tandis que le ministère de la Santé ne disposait d'aucune base légale précise pour encadrer ce type de véhicule. Résultat : un projet pionnier coincé dans un vide réglementaire.
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«Quand c'est la première fois, tout doit être créé, amendé, arrangé», confie aujourd'hui Om Lombard. Le lundi 2 mars a donc marqué un tournant. «C'était la première fois que l'ambulance prenait la route. Je suis allé la récupérer moi-même à Coromandel, chez Biswal. C'est une grande satisfaction», déclare Om Lombard. Il rappelle que le combat n'a pas été simple : «C'était un parcours très, très difficile. L'express a été l'un des premiers médias à s'intéresser au sujet, et cela a mis un peu de pression sur le système. Mais nous ne sommes pas là pour faire polémique. Nous respectons la loi.» Après plus de 14 mois d'attente, l'ambulance dispose désormais d'une licence officielle -- une première pour le secteur animalier mauricien.
Une approche différente des secours
Contrairement aux ambulances humaines, le service ne vise pas à intégrer le système hospitalier public 24/7. «Nous restons dans notre domaine privé. Nous n'interférons pas dans les affaires politiques, mais dans les questions liées à la santé animale», précise le vétérinaire. L'objectif est simple : réduire les délais d'intervention et éviter les trajets multiples. «L'avantage de cette ambulance, c'est qu'elle nous permet d'intervenir loin. Plutôt que d'envoyer un véhicule chercher l'animal, revenir, puis repartir, nous pouvons intervenir directement sur place.»
Le véhicule est entièrement équipé : table chirurgicale, matériel de suture, échographie, équipements médicaux neufs, système de double climatisation - un élément crucial pour l'hygiène et le contrôle des infections. «La climatisation permet de travailler dans un environnement fermé, d'éviter la propagation des microbes et de garantir des conditions optimales pour les soins», explique-t-il.
Om Lombard insiste : le service ne bénéficie d'aucune subvention publique. «Nous avons contracté un prêt sur sept ans pour ce véhicule. Nous ne recevons aucune aide de l'État, et nous n'en demandons pas. Ce n'est pas un service gratuit.» Il compare le modèle à celui de la santé humaine privée : «Comme pour un enfant malade que l'on emmène à l'hôpital ou dans une clinique privée, les services ont un coût. Il faut payer le personnel, les équipements, l'entretien, l'électricité, la permanence 24/7.»
Les tarifs seront établis selon une grille correspondant aux services fournis. «Nous avons investi énormément. Ce n'est pas pour faire du profit excessif, mais pour offrir un service professionnel et viable.» L'année écoulée n'a pas été de tout repos. «2025 a été une année difficile. Les démarches administratives prennent du temps. Il y a aussi des tensions dans la profession. Mais nous ne sommes pas là pour écraser le système.» Avec quatre cliniques ouvertes en quatre ans, Om Lombard affirme vouloir désormais consolider plutôt que s'étendre. «Nous avons choisi d'ouvrir quatre cliniques de proximité plutôt qu'un seul grand centre. Cela coûte plus cher, mais cela permet d'être plus proche des clients.»
Aucune nouvelle ambulance n'est prévue à court terme. «Il est temps de se stabiliser. 2026 sera une année de consolidation. Nous continuerons à développer notre clientèle locale et à améliorer nos services. Nous ne sommes pas parfaits, mais nous donnerons le meilleur de nous-mêmes. »