Ile Maurice: Rixe, tensions internes et attente du SAMU - La chronologie de la mort d'Andy Selmour se précise

La commission d'enquête sur le décès d'Andy Selmour, survenu le 9 décembre 2025 à la prison de Melrose, a poursuivi ses travaux, hier, au siège de l'Environment and Land Use Appeal Tribunal, à Port-Louis. Les auditions ont permis d'affiner la chronologie des faits et de mieux cerner le climat qui prévalait ce jour-là au sein de l'établissement pénitentiaire.

Un Lead Prison Officer affecté à la Paille-enQueue Unit a expliqué avoir reçu un appel de son supérieur aux alentours de 16 heures. Celui-ci l'informait qu'Andy Selmour serait transféré dans son unité «pour des raisons de sécurité», après avoir été impliqué dans une bagarre dans la cour.

À son arrivée, selon le témoin, le détenu était déjà dans un état préoccupant et incapable de marcher seul. Il a dû être soutenu par d'autres détenus pour être conduit vers le Medical Complex. L'officier a également dressé le tableau d'un environnement de travail devenu difficile, évoquant la circulation de drogue et la structuration de gangs au sein de la prison. Il a précisé que, ce 9 décembre fatidique, seuls deux officiers étaient en poste pour encadrer environ 87 détenus dans son bloc, un ratio qu'il laisse entendre comme particulièrement contraignant.

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Au Medical Ward, un officier a relaté qu'Andy Selmour s'était présenté une première fois vers 14 h 40 pour recevoir des soins, portant une blessure à la tête. Interrogé sur l'origine de cette blessure, le détenu aurait répondu qu'il était tombé dans la cour. Plus tard dans l'après-midi, lors d'un second passage, la situation se serait tendue. Des détenus auraient tenté de forcer la porte du service médical et cherché à s'en prendre à l'infirmier pénitentiaire. Le témoin affirme avoir réussi à calmer les esprits et à sécuriser les lieux. Il reconnaît toutefois avoir mis un court laps de temps à ouvrir la porte, se trouvant alors à l'étage.

Un officier affecté à l'Intelligence Unit de Melrose a, de son côté, avancé qu'une affaire liée à la drogue pourrait être à l'origine de l'agression. Il a cependant nuancé ses propos, précisant qu'il s'agissait d'informations recueillies auprès de détenus et reposant sur du «hearsay gathering».

En fin de la session d'hier, un policier de l'IT Unit a détaillé la récupération des images de vidéosurveillance dans le cadre de l'enquête criminelle menée par la Criminal Investigation Division de Quartier-Militaire. Me Deepak Rutnah, l'avocat de la famille, a demandé que les images de l'entrée de la prison entre 20 h 45 et 2 heures du matin soient visionnées par la commission, afin d'éclairer les conditions d'arrivée du SAMU. Selon les éléments évoqués, l'équipe médicale aurait dû patienter une vingtaine de minutes en raison des procédures de sécurité en vigueur.

Les auditions se poursuivent aujourd'hui pour établir la chronologie exacte et les responsabilités et déterminer si des défaillances ont jalonné ce drame.

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