Le paysage politique sud-africain est en deuil après l'annonce du décès, ce mercredi 4 mars 2026, de Mosiuoa Lekota à l’âge de 77 ans. Ancien compagnon de cellule de Nelson Mandela et figure centrale de l'ère post-apartheid, celui que l'on surnommait affectueusement « Terror » s'est éteint des suites d'une longue maladie, laissant derrière lui l'image d'un homme de convictions ayant marqué l'histoire contemporaine de la nation arc-en-ciel.
La vie de Mosiuoa Lekota se confond avec le combat pour la dignité du peuple sud-africain. Militant infatigable contre le régime de l'apartheid, il a payé son engagement pour sa liberté, connaissant les geôles de Robben Island aux côtés de figures légendaires comme Nelson Mandela. D’après les écrits d’Africanews, cette expérience carcérale a forgé sa résilience et sa foi inébranlable en la justice, des qualités saluées aujourd'hui par l'ensemble de la classe politique.
Par ailleurs, son ascension au sein de l'appareil d'État a été remarquable. Fidèle parmi les fidèles de l'ancien président Thabo Mbeki, il a dirigé le ministère de la Défense pendant près d'une décennie, de 1999 à 2008. Sa proximité avec Mbeki sera d'ailleurs le catalyseur d'un tournant majeur dans sa carrière : refusant la destitution de son allié, il choisit de rompre avec le Congrès National Africain (ANC) pour tracer sa propre voie.
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Ce divorce avec son parti historique a donné naissance, le 3 novembre 2008, au Congrès du Peuple (COPE). Comme le précise la rédaction d'Africanews, cette formation politique a représenté, à ses débuts, un véritable défi pour l'hégémonie de l'ANC, récoltant environ 7 % des suffrages lors des élections générales de 2009. Bien que ce score soit resté son apogée électoral, la création du COPE a durablement marqué le pluralisme politique en Afrique du Sud.
Cependant, au-delà des joutes partisanes, c'est l'homme d'État qui est honoré aujourd'hui. Le président Cyril Ramaphosa a rendu un hommage vibrant à ce « serviteur du peuple », soulignant dans un communiqué officiel que la vie de Lekota fut marquée par un courage exceptionnel. Pour le chef de l'État, le pays perd un pilier de sa démocratie, un homme dont la trajectoire restera un exemple de dévouement à la cause nationale.
