Afrique de l'Est: Guerre au Soudan - Des attaques de drones sont menées depuis l'Éthiopie, accuse Khartoum

Des attaques de drones « en provenance du territoire éthiopien » ont visé des cibles à l'intérieur du Soudan en février et mars, a affirmé le 2 mars 2026 le ministère pro-armée des Affaires étrangères dans une mise en cause inédite du pays voisin.

Pour la première fois, les autorités soudanaises accusent officiellement l'Éthiopie d'ingérence dans la guerre au Soudan qui oppose depuis le 15 avril 2023 l'armée du général al-Burhan aux Forces de soutien rapide (FSR) du général Hemedti.

Le gouvernement a mis en garde Addis-Abeba contre les conséquences de ces « actes hostiles » qui constituent une « agression manifeste », indique un communiqué gouvernemental. Il dénonce notamment des attaques de drones en « provenance du territoire éthiopien ».

Dans cette mise en cause inédite, l'Éthiopie rejoint ainsi la liste des pays officiellement accusés par Khartoum d'ingérence au Soudan : il s'agit des Émirats arabes unis, fournisseurs principaux des paramilitaires des FSR, ainsi que la Libye de Khalifa Haftar, le Tchad et le Kenya.

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La mise en garde intervient par ailleurs avec l'intensification de la guerre dans la région du Kordofan depuis le début de l'année et un jour seulement après le retour du Premier ministre soudanais, Kamel Idriss, d'un déplacement au Caire.

Une étude récente du Crisis Group sur les tensions croissantes dans la Corne de l'Afrique mentionne que des officiels soudanais ont dénoncé l'augmentation des livraisons d'armes des Émirats arabes unis vers l'Éthiopie depuis novembre 2025. Ces armes sont destinées à une nouvelle base arrière des FSR en Éthiopie, affirment les officiels.

Fin février dernier, lors de la dernière session du Conseil de sécurité sur le Soudan, l'ambassadeur égyptien auprès de l'ONU avait fait état, sans plus de précisions, « de rapports documentés selon lesquels des voisins immédiats du Soudan avaient établi des camps pour entrainer des éléments de la milice [les FSR, NDLR] », pour « faciliter leur mouvement et leur armement ».

Lors de ce même débat, la ministre britannique des Affaires étrangères Yvette Cooper avait affirmé que toute trêve serait impossible, tant que les belligérants pourraient se procurer « plus d'armes létales, avec le soutien extérieur d'au moins une douzaine d'États qui les financent, les fabriquent, les transportent ou le font transiter ».

Le Haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Volker Türk, a récemment déploré « les conséquences dévastatrices pour les civils » de l'escalade de la guerre des drones.

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