Cameroun: Me kegne interdit de rencontrer ses clients à la prison de bagangté malgré sa carte professionnelle

Un avocat empêché d'exercer sa mission. Me Kegne, conseil de plusieurs détenus politiques, s'est vu refuser l'accès à la prison de Bagangté ce lundi. Il venait spécialement de Douala pour rencontrer ses clients. Il repartira sans les avoir vus, menacé par le personnel pénitentiaire.

Un parcours du combattant dès l'entrée

Le récit de Me Kegne est édifiant. Arrivé à la prison de Bagangté, il se heurte d'abord à un refus de stationnement. Le parking, pourtant capable d'accueillir plus de 100 véhicules, lui est interdit. L'avocat doit garer sa voiture à 400 mètres de l'enceinte, sous un soleil de plomb.

Le gardien exige ensuite un permis de communiquer délivré par le commissaire du gouvernement à Bafoussam, ainsi qu'une lettre de constitution. Me Kegne présente sa carte professionnelle et le dossier de procédure contenant l'ordonnance de mise en détention provisoire de ses clients. Refus catégorique. Ces documents ne suffisent pas.

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La menace de violence

L'avocat tente alors de s'avancer pour trouver un responsable. La réaction est immédiate : il est menacé d'être brutalisé s'il persiste. Face à cette intimidation, Me Kegne n'a d'autre choix que de rebrousser chemin, sa mission professionnelle totalement impossible à accomplir.

Ce n'est pas la première fois que l'avocat rencontre des difficultés avec cette administration. Par le passé, le régisseur de la prison lui avait déjà fait des remontrances. Le motif ? Me Kegne avait filmé et publié sur les réseaux sociaux des images de "sa prison". Une phrase qui en dit long sur la conception que certains responsables se font de leur fonction.

L'entrave au droit de la défense

Cette situation pose un problème grave. Le droit de la défense est un principe fondamental dans tout État de droit. Un avocat doit pouvoir rencontrer ses clients détenus librement, dans le respect des procédures. Exiger des documents supplémentaires alors que la carte professionnelle et les pièces de procédure ont été présentées relève de l'obstruction caractérisée.

Me Kegne n'était pas seul. Il était accompagné de Serge Branco NANA, qui a assisté à toute la scène. La présence de ce témoin pourrait permettre de corroborer les faits si l'affaire devait être portée devant les autorités compétentes.

Quelles suites pour cette affaire ?

L'avocat repart sans avoir vu ses clients, des prisonniers politiques qui attendent probablement des nouvelles de leur conseil. La question se pose désormais : comment exercer sereinement sa mission quand l'administration pénitentiaire se comporte en obstacle plutôt qu'en facilitatrice ? Le zèle du personnel de la prison de Bagangté interroge sur l'indépendance de la justice et le respect des droits des justiciables.

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