La région de Kédougou a abrité hier un comité régional de développement (Crd) consacré au Puma (programme d'urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers). La rencontre a permis à la fois de dresser le bilan des actions menées dans la région par le Puma et de présenter les priorités d'investissement pour l'année 2026. Au centre des discussions : une enveloppe de 512 millions de francs CFA, inscrite au budget consolidé d'investissement (Bci), destinée à poursuivre l'amélioration des services sociaux de base dans cette zone frontalière.
Depuis son déploiement dans la région, le programme a concentré ses efforts sur la santé, l'éducation, l'accès à l'eau, l'énergie, l'autonomisation économique... Les réalisations présentées affichent des résultats ayant permis de renforcer l'offre de services. Pour l'exercice 2026, les investissements programmés visent à consolider ces acquis tout en comblant certaines insuffisances. Les 512 millions FCFA annoncés financeront notamment la construction de deux nouveaux postes de santé à Mithiou (Oubadji) et à Néppéne Diakha (Dakatéli), la dotation d'ambulances à l'hôpital régional Amath Dansokho ainsi qu'à d'autres structures sanitaires périphériques, l'achèvement et l'équipement complet du Cem d'Ethiolo, et la construction d'une école élémentaire à Kadioré. Des interventions complémentaires sont également prévues en hydraulique rurale et en appui aux activités génératrices de revenus.
Présidant la rencontre, le gouverneur de Kédougou, Mme Mariama Traoré, a salué l'esprit de concertation qui a marqué les travaux. « Nous saluons à sa juste valeur cette démarche participative et inclusive qui permet de partager avec les acteurs territoriaux des informations claires sur les investissements prévus dans la région. Bien qu'une enveloppe de 512 millions de francs CFA ait été annoncée, les autorités locales la jugent largement insuffisante face à l'ampleur des défis et à la vulnérabilité extrême de la région » a confié Mariama Traoré.
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Elle a renchéri que l'objectif central de la rencontre était aussi de recueillir les besoins des collectivités locales afin de réduire le retard de développement criant de cette zone frontalière, notamment en matière d'infrastructures, de santé et d'accès aux services de base
De son côté, la coordonnatrice nationale du Puma, Dr Ndèye Marième Samb, a conforté que le montant de 512 millions peut paraître faible, mais qu'il s'inscrit dans un budget global destiné à dix régions frontalières. « Il traduit une volonté d'aller vers plus d'équité territoriale. Cette rencontre nous permet de faire une planification participative à la base et de disposer d'arguments solides pour plaider en faveur d'un investissement plus massif dans une région caractérisée par une extrême vulnérabilité » a-t-elle appuyé.
Investissements sociaux
En termes de réalisations à travers les trous départements de la région de Kédougou, dans le domaine sanitaire, le Puma a construit et livré deux postes de santé entièrement équipés, avec logements d'agents, à Diakha (Madina Baffé) et Thiankoye (Kévoye). À cela s'ajoute la mise en service de trois ambulances médicalisées au profit d'Oubadji, Sayenssoutou et Dindifélo. En complément, 100 femmes et jeunes ont été enrôlés à la Couverture sanitaire universelle. Sur le plan éducatif, un collège d'enseignement moyen est en phase de finalisation à Ethiolo. L'environnement scolaire a été amélioré grâce à la construction d'un bloc d'hygiène à l'école de Diakha et d'un mur de clôture à l'école élémentaire de Gandjiri (Salémata).
Par ailleurs, l'accès aux services de base a également progressé avec la réalisation de huit mini-forages pour l'approvisionnement en eau potable et l'électrification solaire de 389 ménages répartis dans cinq communes. En matière d'autonomisation économique, le programme a permis l'aménagement d'un périmètre maraîcher à Diakha Macky et la distribution de 75 équipements d'allégement du travail féminin dans 19 communes. Par ailleurs, des études techniques ont été conduites sur 86,8 kilomètres de pistes rurales, en perspective de futurs travaux de désenclavement.