Ile Maurice: Les images CCTV désignent cinq détenus, la piste de la drogue synthétique évoquée

La commission d'enquête sur la mort d'Andy Selmour (en médaillon) a franchi un cap, hier. Au siège de l'Environment and Land Use Appeal Tribunal, à Port-Louis, sous la présidence de l'ancien juge Paul Lam Shang Leen, la séance a été largement consacrée à l'analyse des images de vidéosurveillance et à l'identification formelle des agresseurs présumés.

Un officier de prison principal, ayant plus de 20 ans de service et affecté à la prison de Melrose (photo) depuis 2014, a été appelé à la barre. En poste à la réception, il n'était pas directement impliqué le 9 décembre. Il travaillait de 7 heures à 15 h et dit avoir appris l'incident le lendemain par des collègues. Le 17 décembre, les enquêteurs lui ont demandé d'examiner des extraits CCTV afin d'identifier certains détenus.

À l'audience, plusieurs séquences ont été visionnées. Il a formellement identifié cinq détenus impliqués dans l'agression. Deux d'entre eux sont d'abord montés sur le toit de l'abri de la cour commune de leur unité pour en retirer deux morceaux de bois. Quelques minutes plus tard, ils auraient été utilisés pour frapper Andy Selmour. Durant la rixe, l'un des détenus aurait ouvert une porte afin d'obstruer le champ des caméras. Malgré cette manœuvre, les mouvements visibles sur les enregistrements permettraient, selon l'officier, de reconstituer clairement le déroulement de l'agression.

Des éléments de contexte ont également été versés aux débats. Des officiers ont décrit Andy Selmour comme un détenu qui, sans être irréprochable, restait généralement en retrait et fréquentait un cercle restreint. Le surintendant principal des prisons a, lui, dressé un tableau plus large des conditions de détention à Melrose : plaintes récurrentes sur la qualité de la nourriture, infiltrations d'eau dans certains bâtiments et impact grandissant de la drogue synthétique dans l'établissement.

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C'est dans ce contexte qu'une piste a été évoquée. Selon des renseignements internes présentés à la commission, Andy Selmour aurait reçu un colis lors d'une visite le jour même de l'incident. Ce paquet aurait contenu de la drogue synthétique dissimulée dans un tube de dentifrice. Son agression pourrait donc être liée à un différend : le détenu aurait perçu de l'argent pour introduire la substance en prison sans la remettre à ses anciens associés.

La commission poursuivra ses travaux le vendredi 6 mars pour établir avec rigueur la chaîne des responsabilités et déterminer les circonstances exactes ayant conduit à cette issue fatale. Lors des précédentes sessions, des officiers avaient évoqué un sous-effectif marqué, des tensions liées aux gangs et à la drogue, ainsi que des délais dans la prise en charge médicale et l'arrivée du SAMU, autant d'éléments encore examinés par la commission.

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