La situation financière de la Mauritius Post suscite de vives inquiétudes. En janvier, le ministre des Technologies de l'information, de la communication et de l'innovation, Avinash Ramtohul, avait indiqué que l'entreprise affichait un déficit de Rs 85 millions pour l'année écoulée. Des pertes qui, selon plusieurs observateurs, s'inscrivent dans un contexte de difficultés accumulées au fil des années et qui nécessitent désormais des mesures correctives urgentes. Une solution serait ainsi envisagée pour tenter de redresser la situation. Selon des informations recueillies, un ancien cadre de la maison pourrait être rappelé en tant que consultant afin d'accompagner la direction dans la mise en oeuvre de mesures de redressement.
Une perspective qui ne fait toutefois pas l'unanimité, notamment du côté syndical. Le président de la National Trade Union Confederation (NTUC), Narendranath Gopee, a exprimé de sérieuses réserves sur cette éventuelle nomination. Il affirme que la personne pressentie a travaillé de nombreuses années dans ce secteur et estime que ce choix soulève des interrogations quant à sa pertinence dans le contexte actuel. La situation financière de la poste serait très préoccupante et il évoque des difficultés récentes liées au paiement des salaires.
«Ce n'est pas un secret que la poste se trouve dans une situation très inconfortable. J'ai compris que le paiement du salaire de février a été difficile pour les employés, la poste se trouvant dans le rouge. Le nouveau Chief Executive Officer (CEO) a dû trouver une solution pour que les salaires soient versés.» Le syndicaliste s'interroge également sur l'opportunité de rappeler un ancien cadre comme conseiller alors que l'entreprise traverse une période financière délicate. La priorité devrait être accordée à des mesures concrètes de redressement plutôt qu'à des dépenses supplémentaires. «Si la poste n'arrive pas à payer ses travailleurs, où va-t-elle trouver des fonds pour rémunérer un conseiller à hauteur de dizaines de milliers de roupies ?»
Du temps pour les réformes
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Le président de la NTUC estime par ailleurs que la responsabilité des difficultés actuelles ne peut être imputée uniquement aux dirigeants récents. Il souligne que l'ancien CEO n'a occupé ce poste que pendant une période relativement courte, notamment en raison du calendrier politique ayant mené aux élections générales de 2024. Toutefois, il considère que la nomination d'un ancien membre de l'organisme pourrait ne pas constituer la solution la plus appropriée dans l'immédiat.
Dans cette optique, Narendranath Gopee plaide pour que l'actuel CEO, Anil Seeruttun, bénéficie du temps nécessaire pour mettre en oeuvre ses réformes. Ce dernier aurait déjà amorcé des initiatives visant à améliorer la gouvernance et à instaurer une approche plus participative des employés. «Il prend les mesures nécessaires pour amener la poste vers une meilleure gouvernance. Il a aussi une approche ouverte et consulte les employés sur les décisions importantes.» Le syndicaliste demande ainsi que la nomination du consultant soit suspendue - au moins temporairement - afin de permettre à la direction de poursuivre ses efforts de redressement.
Dans cette optique, il a adressé une correspondance au Premier ministre, Navin Ramgoolam, et au Premier ministre adjoint, Paul Bérenger, afin d'attirer leur attention sur la situation. Sollicité pour une réaction, le ministre Ramtohul affirme ne pas interférer dans ce processus. «La poste dispose d'un conseil d'administration indépendant qui prend ses décisions. Le recrutement se fera en toute transparence, après décision du board.»
Selon nos informations, la possibilité d'une période d'essai serait envisagée pour le consultant pressenti. Celui-ci pourrait être appelé à intervenir environ une semaine, au terme de laquelle une décision serait prise sur la confirmation ou non, de sa nomination. En attendant, la situation financière de la Mauritius Post demeure une préoccupation majeure, tant pour les employés que les décideurs. Le redressement de l'entreprise, dans un contexte marqué par la transformation du secteur postal et les défis liés à la modernisation des services, reste au coeur des priorités. Les décisions à venir pourraient s'avérer déterminantes pour l'avenir de cette institution historique.