Le Centre de Recherches et de Documentation du Sénégal (CRDS) ex-IFAN abrite depuis hier, mardi 03 mars 2026, l'Exposition « Samba Sadio 1875 : Un butin de guerre au coeur de l'Histoire » sur initiative de l'Association Alter Natives. Elle présente huit (08) objets datant du 19ème siècle, lors de la bataille de Coki, et qui ont été conservés en France. Le but de cette exposition, c'est d'éveiller les consciences et montrer que ces objets existent. Les populations locales prônent leur restitution et plaident pour que le Sénégal les récupère pour les ramener au bercail.
« Ces objets, liés à l'héritage colonial notamment à la bataille de Samba Sadio, incluent des objets trouvés sur des combattants africains en 1875. Il s'agit d'un manuscrit talismanique qui est étudié pour sa signification spirituelle. Notre association ne peut pas restituer ces objets, mais elle sensibilise les populations sénégalaises sur leur patrimoine. Une loi cadre en France facilite la restitution des objets africains, mais le Sénégal n'a pas encore officiellement demandé leur retour », a fait savoir Mme Emmanuelle Cadet, présidente de l'association Alter Natives.
Ces objets culturels sont conservés dans la ville de Dunkerque en France depuis 150 ans. Elle rappelle qu'il ne s'agit pas d'une restitution d'objets mais plutôt d'une présentation de biens culturels que l'association Alter Natives a identifié à la suite d'un projet culturel qui touchait des jeunes sénégalais et des jeunes de de la diaspora, basés en France.
« Nous avons travaillé sur l'héritage colonial notamment celui de Faidherbe. Et nous nous sommes aperçus que son neveu Émile a participé en tant que lieutenant spahi à une bataille coloniale appelée la bataille de Coki ou la bataille de Samba Sadio », a-t-elle rappelé au terme d'une visite guidée dans la salle de l'exposition.
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L'association, ajoute-t-elle, travaille sur l'inventaire des collections sénégalaises en France, et une mission provenance au ministère de la Culture français cherche à identifier ces objets. Elle annonce également la tenue d'une journée d'étude, prévue le 24 mars prochain, pour discuter de ces questions, avec des interventions de chercheurs et du ministère de la Culture.
Le professeur Abdoul Sow, Directeur du Centre de Recherches et de Documentation du Sénégal, quant à lui, souligne l'importance d'une exposition d'objets coloniaux en partenariat avec des institutions françaises et sénégalaises. « Cette exposition vise à sensibiliser le public sur patrimoine culturel sénégalais et à renforcer l'identité culturelle des populations locales.
Bien que le Sénégal n'ait pas encore demandé la restitution de ces objets, nous préparons le terrain en formant des experts et en modernisant ses musées, comme le Musée des Civilisations Noires. Le pays s'efforce d'identifier et de documenter ces objets », a-t-il dit, insistant sur la nécessité de remplir certaines conditions avant de demander la restitution, tout en soulignant l'urgence de récupérer ces objets historiques et culturels.
Venue représenter le maire de la commune de Coki à cette cérémonie de lancement de cette exposition, la première adjointe au maire, Adjaratou Penda Bâ, a saisi l'occasion pour plaider pour la restitution de ces objets qui, selon elle, contribueront à développer son terroir sur le plan historique, culturel et touristique. Lancée le 03 mars 2026 au CRDS, cette exposition se poursuivra jusqu'au 27 mars prochain.