Ile Maurice: Kailash Sharma Beeharry tue sa mère pour une bière puis se rend à la police

Le quartier résidentiel d'Allée Jacques, à St-Paul, Phoenix, demeure sous le choc depuis mardi soir. Ce qui aurait débuté par une banale demande d'argent pour acheter de la bière a viré à un drame familial d'une extrême violence.

Beedwantee Beeharry, âgée de 63 ans, a été retrouvée sans vie dans la cour de sa résidence. Son fils, Kailash Sharma Beeharry, 43 ans, directeur d'une entreprise privée et domicilié à la même adresse, s'est présenté de son plein gré à la police quelques heures après les faits. Au cours de son interrogatoire, il aurait reconnu être à l'origine de la mort de sa mère.

D'après les informations recueillies par les enquêteurs, les événements se seraient déroulés vers 21 h 40, le mardi 3 mars. Alertées, les forces de l'ordre se sont rendues sans délai sur les lieux. À leur arrivée, elles ont découvert la sexagénaire étendue sur le dos, inconsciente, dans la cour de la maison. Le personnel du SAMU, dépêché en urgence, n'a pu que constater son décès.

«Li ti pe bwar boukou...»

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Les soupçons se sont rapidement portés sur le fils, qui se trouvait au domicile peu avant le drame. Selon les premiers éléments de l'enquête et les témoignages recueillis dans le voisinage, une violente dispute aurait éclaté entre la mère et son fils. À l'origine de cette altercation : une demande d'argent pour se procurer de la bière. Un voisin affirme avoir été témoin de tensions répétées ces derniers mois. «Il buvait beaucoup ces derniers temps. Il y avait souvent des disputes dans cette maison», confie-t-il. D'après lui, la consommation d'alcool du quadragénaire inquiétait plusieurs habitants du quartier. «On pensait qu'il y avait des problèmes depuis longtemps, mais personne n'imaginait que cela finirait ainsi.»

Un autre riverain raconte avoir entendu des éclats de voix peu avant l'arrivée de la police. Selon lui, la mère et le fils échangeaient des propos animés. Ce n'est qu'à la vue des gyrophares qu'il a compris que la situation était grave. «Li ti pe bwar boukou ek ti pe fim simik, pa zis mama ki ti pe gagn bate, me papa la osi, ziska bolom inn mor. Parfwa li ti pe kasiet kot vwazin.»

Une colère après l'autre

D'après des informations concordantes, Kailash Sharma Beeharry aurait insisté pour obtenir de l'argent afin d'acheter de la bière. Face au refus de sa mère, la discussion aurait dégénéré. Dans un accès de colère, il l'aurait poussée, provoquant une chute brutale. La tête de la sexagénaire aurait violemment heurté un mur en béton situé dans la cour.

La violence ne se serait toutefois pas limitée à cette chute. Lors de son interrogatoire au CID, le suspect aurait admis avoir frappé à quatre reprises la tête de sa mère contre ce mur. Des aveux qui témoignent d'une agression d'une rare brutalité.

Les enquêteurs cherchent également à éclaircir le contexte de la soirée. Selon certains habitants, le quadragénaire aurait eu plus tôt un différend avec un ami au sujet d'un véhicule. Il serait apparu particulièrement nerveux avant même son retour au domicile familial.

Après les faits, Kailash Sharma Beeharry aurait quitté la maison avant de se raviser. Il s'est présenté au poste de police de Curepipe, où il aurait relaté les circonstances du drame. Il a ensuite été conduit dans les locaux du CID pour être interrogé.

Les forces de l'ordre ont établi un périmètre de sécurité afin de permettre aux officiers du Scene of Crime Office (SOCO) de procéder aux relevés scientifiques nécessaires. Plusieurs éléments ont été collectés dans le cadre de l'enquête.

Le corps de Beedwantee Beeharry a été transporté à la morgue de l'hôpital Dr A.G. Jeetoo afin qu'une autopsie soit pratiquée. L'examen médico-légal, réalisé par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, a révélé que la cause du décès était une «fracture dislocation of the neck», soit une fracture avec luxation au niveau du cou, confirmant la violence extrême des coups infligés.

À la lumière de ces conclusions, une accusation provisoire de meurtre a été retenue contre Kailash Sharma Beeharry, après qu'il a été traduit en cour à Curepipe, hier. Il a ensuite été placé en détention au centre de Vacoas. Il comparaîtra à nouveau en cour de district mercredi prochain, en vue d'une demande de liberté conditionnelle.

Le voisinage marqué

Dans ce quartier habituellement paisible de Phoenix, l'émotion reste vive. Les voisins décrivent Beedwantee Beeharry comme une femme discrète, respectueuse et sans histoire. Beaucoup peinent encore à croire qu'une dispute familiale ait pu tourner en un tel drame.

Au-delà de la procédure judiciaire, cette tragédie relance les interrogations sur les tensions familiales et les conséquences de l'abus d'alcool. Une querelle apparemment ordinaire a ainsi coûté la vie à une mère de famille, laissant derrière elle un voisinage profondément marqué. L'enquête se poursuit afin d'établir avec précision l'enchaînement exact des faits et de faire toute la lumière sur cette affaire qui a bouleversé la région de Phoenix.

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