Réuni à Monaco dans le cadre de l'Assemblée du Réseau des jeunes parlementaires de la Francophonie, l'Honorable Alfred Dibandi Nzondomyo, député national de la République Démocratique du Congo, a porté une voix claire et ferme : celle d'une Francophonie politiquement cohérente face aux urgences sécuritaires et géopolitiques contemporaines.
Dès l'entame, l'élu congolais a mis en lumière un paradoxe préoccupant. Pays parmi les plus jeunes au monde, la RDC ne compte que 21 % de députés âgés de moins de 40 ans. Un chiffre révélateur, selon lui, d'un déséquilibre plus profond à l'échelle francophone : la jeunesse demeure trop souvent invoquée dans les discours, mais insuffisamment intégrée aux centres effectifs de décision.
L'essentiel de son intervention a toutefois porté sur la crise persistante dans l'Est congolais. Évoquant les violences qui ravagent le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l'Ituri, il s'est appuyé sur les rapports des Nations Unies documentant le soutien du Rwanda au Mouvement du 23 mars (M23) et à l'Alliance Fleuve Congo (AFC).
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Saluant la résolution adoptée par l'Assemblée parlementaire de la Francophonie condamnant cette agression, il a exhorté les États membres à faire preuve de constance dans les enceintes multilatérales, en particulier au sein des Nations Unies, afin que les principes proclamés trouvent leur traduction dans des actes diplomatiques et politiques cohérents.
Au-delà de l'urgence sécuritaire, Alfred Dibandi Nzondomyo a replacé la RDC au coeur des équilibres mondiaux. Détentrice de ressources stratégiques indispensables à la transition énergétique, la RDC occupe une position nodale dans l'économie du XXIe siècle. « Fragiliser la RDC, c'est fragiliser la transition écologique mondiale », a-t-il martelé, appelant à une lecture géostratégique lucide des enjeux congolais.
Dans cette dynamique, le député a plaidé pour un soutien résolu à la candidature de Mme Juliana Amato Lumumba au poste de Secrétaire générale de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Il y voit un choix à la fois politique et symbolique, inscrit dans l'héritage de Patrice Emery Lumumba, figure tutélaire de la souveraineté africaine. Soutenir cette candidature reviendrait, selon lui, à reconnaître le centre de gravité démographique et politique que représente aujourd'hui l'espace francophone africain.
Dans une seconde prise de parole, il a informé ses homologues des sanctions ciblées adoptées par les États-Unis contre les Forces de défense rwandaises et quatre généraux rwandais, en raison de leur soutien au M23 et à l'AFC. Ces mesures constituent, a-t-il souligné, un signal politique fort démontrant que la défense de la souveraineté et du droit international peut se traduire en décisions concrètes.
Dans une note plus personnelle, l'élu a évoqué l'anniversaire de la disparition de son grand-père, Alfred Nzondomyo A-Dokpe Lingo, ancien président du Conseil national législatif du Zaïre, saluant un héritage fondé sur le service public, la rigueur institutionnelle et la fidélité aux principes républicains.
Enfin, au terme de cette séquence diplomatique dense, le Réseau des jeunes parlementaires de la RDC a annoncé que sa prochaine réunion, prévue en mars 2027, se tiendra à Kinshasa. Un rendez-vous stratégique qui ambitionne d'inscrire durablement la capitale congolaise au coeur des dynamiques politiques de la Francophonie et de confirmer l'engagement d'une jeunesse parlementaire déterminée à peser dans l'histoire en marche.