Madagascar: Changement climatique - La pénurie d'eau favorise la migration vers le Nord

Le 15 octobre est la Journée mondiale du lavage des mains, une journée mondiale de sensibilisation visant à mieux faire connaître et comprendre l'importance du lavage des mains au savon comme moyen efficace et abordable de prévenir les maladies et de sauver des vies.

La pénurie d'eau, aggravée par le changement climatique, accentue les migrations internes à Madagascar. Réunis à l'Hôtel Carlton, des acteurs publics et des partenaires échangent sur les solutions pour mieux encadrer ces déplacements.

Le manque d'eau pousse les populations à migrer, car l'agriculture et l'élevage en dépendent. Pour réduire ces déplacements, des solutions sont mises en oeuvre afin d'améliorer les conditions de vie et de retenir les habitants », explique Prior Ratohandraina, directeur des infrastructures et du développement dans la région d'Androy. Un atelier de restitution consacré au rôle du changement climatique dans les migrations internes à Madagascar s'est tenu à l'Hôtel Carlton.

« Dans les zones les plus touchées, notamment dans l'Androy, la raréfaction des ressources hydriques rend la production agricole de plus en plus difficile. Les cultures ne parviennent plus à se développer normalement et le bétail manque de pâturages et d'eau, ce qui fragilise les revenus des familles », note un natif de la région. Face à ces contraintes, certains habitants choisissent de se déplacer vers d'autres régions à la recherche de meilleures conditions de vie et d'opportunités économiques.

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Les impacts de la migration restent nombreux et tendent à s'intensifier. « Sur le plan social, des tensions ponctuelles peuvent apparaître. Sur le plan environnemental, la pression sur les ressources s'accroît : le bois est souvent coupé pour produire du charbon, y compris le long de la Route nationale 4, où certaines essences sont utilisées à cet effet. Ces phénomènes soulignent la nécessité d'une meilleure organisation et d'un encadrement des flux migratoires », indique Faly Miadana Ravoavy, secrétaire générale de la région Boeny.

Vie meilleure

La gestion de la migration passe notamment par l'accueil et l'intégration des nouveaux arrivants. Toutefois, la migration dépasse les compétences d'une seule collectivité, car elle touche plusieurs secteurs. « Beaucoup de personnes qui se déplacent n'ont ni copie d'acte de naissance ni carte nationale d'identité, ce qui complique leur suivi administratif. Pour subvenir à leurs besoins, elles peuvent se tourner vers diverses activités, parfois informelles », poursuit la secrétaire générale de la région Boeny.

La recherche d'une vie meilleure demeure l'une des principales motivations de la migration. Cette quête du mieux-être se traduit également par des effets économiques : lorsque la population active diminue, la production locale peut baisser. Par ailleurs, la Constitution malgache garantit la liberté de circulation, permettant à chacun de se déplacer librement sur le territoire.

Des stratégies sont donc mises en oeuvre pour répondre à ces défis, notamment l'amélioration de l'accès à l'eau et le renforcement des dispositifs d'accueil afin de stabiliser les populations et de favoriser un développement local durable.

L'événement a réuni près de soixante participants issus des ministères, des collectivités territoriales, des organismes de recherche, des organisations de la société civile, des agences de développement et des communautés locales des régions d'Androy et de Boeny.

La coopération allemande, mise en oeuvre par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit, à travers son projet visant à améliorer la gestion des migrations internes dans le contexte du changement climatique, a partagé les résultats d'une étude réalisée par l'United Nations University Institute for Environment and Human Security. L'objectif est de mieux comprendre les liens entre changement climatique et déplacements de population afin d'adapter les politiques publiques.

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