À Madagascar, l'aide humanitaire russe prend son envol. Depuis quelques jours, deux hélicoptères Mi-8 assurent un pont aérien vers sept communes de l'est du pays toujours enclavées suite au passage du cyclone Gezani le 10 février dernier. Mais derrière l'humanitaire, se dessine un renforcement de la coopération militaire avec Moscou.
Officiellement, c'est une mission de solidarité. Les deux hélicoptères et les six camions militaires de fabrication russe, livrés le 18 février dernier, sont déjà mobilisés pour acheminer 60 tonnes de vivres dans l'est de Tamatave. Pour le président de transition de Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, ce matériel est la preuve d'une coopération « efficace et sans délai ».
Mais cette livraison ne doit rien au hasard. Elle concrétise le rapprochement opéré avec le Kremlin lors du voyage officiel du président malgache à Moscou le 19 février.
«Troc sécuritaire»
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Une dynamique qui inquiète les observateurs de la société civile : selon eux, il s'agit d'un « troc sécuritaire », offrant à la Russie un ancrage durable dans les forces armées et les secteurs stratégiques de l'île.
Une fois l'aide humanitaire distribuée, ces hélicoptères et ces camions seront officiellement intégrés aux Forces armées malgaches. Ils seront affectés à la sécurisation des campagnes et à la lutte contre les « dahalo », des voleurs de zébus, bovins domestiques très importants pour l'élevage, l'agriculture et les traditions culturelles.
Au moins 62 personnes sont décédées et 13 sont toujours portées disparues après le passage du cyclone Gezani qui a frappé de plein fouet la deuxième ville de Madagascar, Tamatave, le 10 février, selon le dernier bilan officiel.