Bénin: La continuité ou l'alternance ?

6 Mars 2026
tribune

Dans deux mois les électeurs béninois iront à l'élection présidentielle pour élire le successeur désigné de Patrice Talon. Elle va se dérouler dans un contexte qui, il est vrai interroge, en ce sens qu'on sort des élections législatives et communales ou l'opposition est sortie avec Zéro élus.

C'est la raison pour laquelle, aux yeux de certains observateurs, cette élection s'annonce comme l'une des plus fermées de l'histoire du pays, tant l'issue entre les deux candidats en lice (Romuald Wadagni le candidat du pouvoir, et Paul Hounkpe) laisse peu de place au suspense.

La question qui se pose aujourd'hui, c'est moins le résultat final, car la coalition autour de Romuald Wadagni, qui réunit les deux grands partis (Union Progressiste Le Renouveau et le Bloc Républicain) respectivement dirigés par Me Djogbénou qui a eu 41,21% des suffrages   aux législatives, aujourd'hui élu Président de l'Assemblée Nationale, et Abdoulaye Bio Thiané 36,62%, fait à elle seule 77,83% des suffrages, suffisant donc pour une victoire de leur candidat au 1er tour.

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Mais ce qui demeure sujet à interrogation c'est le processus tout au moins le contexte pré- électoral qui quoiqu'on puisse dire est assez lourd depuis l'éviction du parti de l'ex- Président Yayi Boni « les Démocrates » pour cause de parrainage.

L'enjeu crucial c'est le prochain mandat du président élu d'un pays, qui naguère était vanté et respecté en Afrique, pour sa respiration démocratique, avec des alternances réussies, et qui, du jour au lendemain se retrouve avec un pouvoir monolithique, sans opposition. D'où l'intérêt immédiat d'une révision de la loi électorale, qui fixe un seuil de 20% des suffrages à toute liste de candidat et 10% des suffrages à toute coalition pour obtenir un siège à l'Assemblée.

Par ailleurs la tension perceptible aujourd'hui, à quelques encablures du scrutin du 12 Avril, justifie à ce titre, les recommandations de la mission dépêchée par le National Democratic Institute (NDI) en faveur du « renforcement des conditions du pluralisme, et de la réouverture d'un dialogue sincère et ouvert ».

Seulement, cette perspective semble plus ou moins lointaine, dès lors que l'un des protagonistes du jeu politique et de l'opposition à savoir M. Yayi Boni, vient de poser sa démission de la présidence de son parti « Les Démocrates », qui depuis les dernières élections, traverse une période de crise.

Quel enseignement faut-il en tirer ? Si l'on en juge par les diverses réactions enregistrées au sein de son parti, et aussi de l'opinion, le geste est très fort. En effet pour les analystes, le Président Yayi Boni a voulu donner un signal fort pour attirer l'attention sur les restrictions institutionnelles à l'activité des partis politiques, et de la société civile. Toutefois, faute de perspectives et de challenge, « le dernier des mohicans » frappé par la limite d'âge , aura 78 ans exactement pour pouvoir se présenter à la prochaine présidentielle.

Le défi qui reste maintenant est, pour tous les organes chargés de l'organisation du processus électoral, d'assurer une élection transparente, non sans envisager l'ouverture de discussions inclusives pour un retour à une vie démocratique dans laquelle pouvoir et opposition concourent loyalement à la conquête des suffrages des citoyens

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