Environ cinquante pèlerins mauriciens ont retrouvé le pays hier, après avoir été temporairement bloqués à Dubaï en raison des perturbations aériennes au Moyen-Orient. Un vol ayant quitté la région mercredi matin à 10 h 40 a atterri à Maurice vers 17 heures hier. Parallèlement, un appareil de la compagnie Emirates transportant environ 370 passagers, dont des Mauriciens, a également atterri à Plaisance mercredi après-midi.
Ces retours sont rassurants, mais la situation demeure compliquée pour plusieurs autres Mauriciens encore bloqués au Moyen-Orient, notamment au Qatar, dont l'espace aérien est fermé après que le pays a été visé par des tirs de missiles, empêchant l'organisation de vols directs vers Maurice.
L'information a été confirmée hier par l'ambassadeur de Maurice en Arabie saoudite, Riad Hullemuth. Selon lui, la situation reste stable à Riyad et l'espace aérien saoudien demeure ouvert. «L'espace aérien de Riyad est ouvert et la situation est sûre. Cependant, nos compatriotes qui se trouvent au Qatar ne peuvent pas être rapatriés directement car l'espace aérien qatari est fermé», a-t-il indiqué.
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Face à ces contraintes, l'ambassade de Maurice travaille en étroite collaboration avec les autorités saoudiennes afin de faciliter le transit des Mauriciens par l'Arabie saoudite avant leur retour au pays. Des discussions sont notamment en cours avec le ministère saoudien des Affaires étrangères pour permettre l'entrée des Mauriciens à Riyad et à Djeddah.
Sauts de puce jusqu'à Riyad ou Djeddah
Le plan est de diriger les Mauriciens actuellement au Qatar vers Riyad, puis vers Djeddah, d'où ils pourraient ensuite embarquer à bord d'un vol à destination de Maurice. Riad Hullemuth précise avoir déjà reçu une cinquantaine de demandes de Mauriciens souhaitant rejoindre Djeddah, dont une trentaine envisagent un transit par Doha puis Riyad ou Djeddah.
Un autre groupe d'environ cinquante Mauriciens est également attendu ce vendredi vers 14 heures. L'ambassadeur a par ailleurs souligné que ces opérations de rapatriement ont été facilitées grâce à l'intervention du Premier ministre, Navin Ramgoolam.
Pendant ce temps, sur le terrain, l'attente devient difficile pour d'autres pèlerins encore bloqués. Environ quarante Mauriciens partis accomplir l'Umrah s'inquiètent : «Nous ne savons pas quand nous allons rentrer», confie Abdool Rahman H., la voix empreinte d'épuisement.
Il fait partie d'un petit groupe de personnes à qui nous avons parlé mercredi, lors d'un appel vidéo organisé par Raouf Khocaboccus, lui aussi bloqué sur place. Reclus dans une chambre d'hôtel modeste à La Mecque, ils nous ont raconté leur situation.
Sur l'écran d'un téléphone portable, les visages apparaissent marqués par la fatigue et l'inquiétude. Faisal S., assis au bord de son lit d'hôtel, raconte : «Notre vol devait partir à 4 heures du matin mercredi. Au dernier moment, on nous a dit qu'il était annulé. Depuis, personne ne peut nous dire quand nous rentrerons à Maurice.»
Dans le champ de la caméra, certains pèlerins passeports en main, les bagages déjà prêts au cas où un départ serait annoncé à la dernière minute. Salma H. explique que plusieurs d'entre eux ont dû trouver eux-mêmes un hébergement temporaire. «Nous avons pris un petit hôtel pour attendre... mais les jours passent et l'argent commence à manquer. Certaines personnes sont malades et très fatiguées», dit-elle.
D'autres rotations sont prévues afin de rapatrier progressivement les passagers dans leur situation.
Un «soft loan» rendu inutile grâce à Emirates
Le gouvernement avait envisagé la mise en place d'un mécanisme de soutien financier, un «soft loan», pour les Mauriciens bloqués à l'étranger et rencontrant des difficultés financières.
Le ministre des Affaires étrangères, Ritesh Ramful, explique : «Nous avions travaillé avec la SBM dans l'éventualité où des personnes bloquées à l'étranger rencontreraient des problèmes financiers.» Toutefois, ce mécanisme a été abandonné, car plusieurs compatriotes ont finalement pu compter sur l'appui de la compagnie aérienne Emirates. Celle-ci, avec le soutien des autorités des Émirats arabes unis, a pris en charge les frais liés à la prolongation du séjour de certains Mauriciens bloqués dans la région.