Sénégal: Conférence de presse du ministre de la santé sur l'affaire software - Les incohérences de l'ARP pointées, tout risque sanitaire écarté

Le ministère de la Santé et de l'Hygiène publique a apporté, jeudi 5 mars, des éclaircissements sur l'affaire dite « Softcare », qui avait suscité une vive inquiétude dans l'opinion publique au sujet de la sécurité des serviettes hygiéniques et des couches pour bébés produites par l'entreprise. Face à la presse, le ministre de la Santé, Dr Ibrahima Sy, a tenu à rassurer les consommateurs, affirmant qu'aucun risque sanitaire avéré n'a été établi.

La polémique est née après la publication d'un rapport d'inspection daté du 29 octobre 2025 évoquant la présence supposée de matières premières périmées dans l'usine. « Dès que l'affaire a éclaté, nous avons immédiatement ordonné une enquête approfondie », a déclaré le ministre. Selon lui, cette investigation a été menée par l'inspection interne du ministère et par un comité ad hoc interinstitutionnel chargé d'auditionner les différentes parties, de visiter le site industriel et d'examiner l'ensemble des documents techniques disponibles.

Les conclusions de ce comité indiquent que les matières premières utilisées dans la fabrication des serviettes hygiéniques et des couches pour bébés ne contiennent pas de substances dangereuses pour la santé. « Les produits sont constitués de matériaux synthétiques et naturels couramment utilisés dans l'industrie de l'hygiène. Ils ne présentent pas de danger pour les usagers lorsqu'ils sont fabriqués selon les normes en vigueur », a expliqué Dr Ibrahima Sy.

La controverse portait notamment sur un film en polyéthylène perforé retrouvé périmé dans l'usine. Si sa présence constitue un manquement dans la gestion des stocks, l'enquête n'a toutefois pas permis de prouver son utilisation effective dans la production. « La distinction entre la présence d'une matière première périmée et la preuve de son utilisation est fondamentale. Dans ce dossier, aucune preuve scientifique n'établit que cette matière a été utilisée dans les produits commercialisés », a précisé le ministre.

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Plusieurs éléments soutiennent cette conclusion, notamment la différence de dimension entre la matière incriminée et celle réellement utilisée dans la production, l'absence de produits issus de cette matière dans les données de vente de l'entreprise en 2025, ainsi que des incohérences relevées dans certaines fiches de stock.

Le comité d'enquête souligne également qu'aucune alerte sanitaire ni donnée de matériovigilance ne permet d'établir un risque pour les consommateurs. Des analyses indépendantes menées par un laboratoire allemand ont par ailleurs confirmé la conformité des échantillons testés aux standards internationaux. « À ce jour, aucun signal sanitaire, aucune donnée épidémiologique ne démontre un danger pour les utilisateurs », a insisté le ministre.

L'enquête a par ailleurs mis en lumière plusieurs insuffisances dans les inspections menées par l'Agence sénégalaise de Réglementation pharmaceutique (ARP), notamment des incohérences dans les rapports d'inspection, l'absence de prélèvements d'échantillons pour analyse et des faiblesses dans la procédure ayant conduit à la décision de retrait des produits du marché. « La décision de retrait généralisée apparaît disproportionnée et ne reposait pas sur des preuves scientifiques établies », a déclaré Dr Ibrahima Sy.

Le rapport relève toutefois certaines insuffisances dans le système de management de la qualité de l'entreprise Softcare, notamment dans la gestion des stocks, la traçabilité des matières premières et l'étiquetage des produits. « Ces manquements doivent être corrigés, mais ils ne justifient pas, en l'état, un retrait des produits du marché en l'absence de lien démontré avec un risque sanitaire », a précisé le ministre. Au terme de l'enquête, le ministère de la Santé tient à rassurer la population. « Je veux dire clairement aux usagers et aux consommateurs qu'aucun risque sanitaire lié à ces produits n'a été démontré », a affirmé Dr Ibrahima Sy.

Le ministre a également annoncé plusieurs mesures pour renforcer l'encadrement du secteur, notamment l'adoption rapide d'un décret encadrant les produits cosmétiques et d'hygiène corporelle, l'élaboration de normes nationales de qualité et le renforcement des dispositifs de contrôle et de matériovigilance. « Notre priorité reste la protection des populations, le renforcement des institutions et l'accompagnement d'une industrie responsable au service du développement du Sénégal », a-t-il conclu.

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