Face à une décennie de pertes financières et à une gestion chaotique, la Casino Employees Union (CEU) a tenu, hier, une conférence de presse au Lakepoint Hall, à Curepipe, pour débattre de l'avenir des Casinos de Maurice, actuellement sous la responsabilité de la State Investment Corporation Ltd. Parmi les intervenants figuraient Sharvin Sunassee, négociateur de la CEU, Prakash Chadee, consultant en gestion, Rajen Valayden, citoyen engagé, et Jayen Moorghen, président de la CEU. La discussion, modérée par Ashvin Gudday, a porté sur les causes profondes de la crise et sur les solutions envisagées pour redresser un secteur en souffrance depuis près de dix ans.
Tout d'abord, la CEU a dénoncé un manque de stratégie, une ingérence politique et un management inefficace. Selon le syndicat, il est urgent de remettre les casinos sous la supervision d'un ministère compétent, capable de prendre des décisions éclairées et de moderniser le fonctionnement du secteur. À cet égard, plusieurs mesures ont été proposées : numérisation des systèmes, amélioration des infrastructures et des conditions de travail, formation et recrutement de jeunes employés, ainsi qu'une revalorisation des salaires. Ainsi, l'objectif est d'attirer et fidéliser les travailleurs tout en garantissant la satisfaction des clients.
À titre d'exemple, entre 2015 et 2024, les casinos ont accumulé près de Rs 1,5 milliard de pertes. Par ailleurs, le Premier ministre Navin Ramgoolam avait qualifié la situation de «désastreuse» au Parlement, pointant le manque de gouvernance et l'absence de plan de relance. En effet, les déficits annuels se sont succédé : Rs 59 millions, Rs 75 millions, Rs 133 millions, Rs 95 millions, Rs 117 millions, Rs 173 millions, Rs 211 millions, Rs 267 millions et Rs 327 millions sur 18 mois jusqu'à juin 2024.
Selon plusieurs employés, ces pertes résultent d'une gestion inadaptée, d'un manque de formation et d'équipements, ainsi que d'une pression excessive sur le personnel. Dans ce contexte, la CEU prévoit d'envoyer une lettre au Premier ministre pour demander des réformes urgentes, afin de protéger les emplois et de redonner de la compétitivité au secteur.
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