Face à la recrudescence des cas de leptospirose et de chikungunya, la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) appelle les autorités à agir sans délai pour protéger les éboueurs et agents de collecte des déchets, considérés comme des travailleurs particulièrement vulnérables dans le contexte sanitaire actuel. Par la voix de ses dirigeants, Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, la centrale syndicale met en garde contre les risques accrus auxquels ces travailleurs sont exposés quotidiennement.
Selon la CTSP, les éboueurs travaillent chaque jour dans des environnements propices à la propagation de maladies infectieuses. Eaux stagnantes, déchets contaminés, présence de rongeurs et zones insalubres font partie intégrante de leurs conditions de travail, les plaçant en première ligne face à la leptospirose et au chikungunya.
La leptospirose se transmet notamment par contact avec de l'eau ou un sol contaminé par l'urine de rongeurs infectés, tandis que le chikungunya est véhiculé par des moustiques qui prolifèrent dans des zones où les déchets sont mal gérés. Pour la CTSP, ces deux maladies sont directement liées aux conditions d'assainissement et à la gestion des déchets, ce qui expose particulièrement les travailleurs du secteur.
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La confédération rappelle que la protection de ces travailleurs relève d'obligations légales prévues par l'Occupational Safety and Health Act 2005, ainsi que du mandat de santé publique du ministère de la Santé. Dans ce contexte, elle estime que des mesures «immédiates, coordonnées et rigoureuses» sont indispensables afin de réduire les risques de contamination. Les syndicalistes indiquent avoir officiellement saisi les autorités compétentes afin d'obtenir des actions concrètes sur le terrain.
Parmi les mesures demandées figurent des inspections urgentes dans les dépôts et services de collecte des déchets, ainsi qu'une mise à jour des évaluations des risques biologiques. La CTSP réclame également une fourniture adéquate d'équipements de protection individuelle, avec un renouvellement régulier pour garantir leur efficacité.
Le syndicat plaide aussi pour un renforcement des campagnes de dératisation et de lutte antivectorielle, jugées essentielles pour limiter la propagation des maladies. Un suivi médical préventif pour les travailleurs exposés est également demandé, de même que l'examen de la mise en place d'une allocation de risque temporaire en raison du danger accru.
Enfin, la CTSP insiste sur la nécessité d'une campagne de sensibilisation du public afin d'encourager de meilleures pratiques en matière de gestion et d'élimination des déchets. Pour Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, la situation actuelle met en lumière un paradoxe inquiétant : ceux qui contribuent chaque jour à la protection de la santé publique ne sont eux-mêmes pas toujours suffisamment protégés.
Les éboueurs, souligne la CTSP, ne sont pas de simples employés municipaux ou du secteur privé du nettoyage. Ils constituent des acteurs essentiels de la sécurité sanitaire nationale. Dès lors, assurer leur protection revient aussi à protéger l'ensemble de la population contre la propagation de maladies évitables. La confédération appelle ainsi les autorités concernées à agir rapidement et de manière responsable afin de garantir le respect strict des obligations légales en matière de santé et de sécurité au travail.