Congo-Brazzaville: Journée internationale des droits des femmes - Le cri du coeur de Johnes-Marinelle Noblesse Elion Mongo

La présidente de l'association Sourire de femmes, la magistrate Johnes-Marinelle Noblesse Elion Mongo, lors d'un entretien avec la presse à la veille de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes (JIDF), le 8 mars, a appelé à une prise de conscience collective au sein des familles.

L'édition 2026 de la JIDF est placée sur le thème « Droits. Justice. Action. Pour toutes les femmes et filles ». Une occasion pour la présidente de l'association Sourire de femmes, association militant pour la vulgarisation des droits des femmes et des enfants, de se demander si la femme congolaise a réellement accès à la justice et quelles actions concrètes l'État met en oeuvre pour son émancipation. Johnes-Marinelle Noblesse Elion Mongo s'interroge également si la sensibilisation des élites féminines et féministes atteint suffisamment « les femmes lambda pour qu'elles comprennent et revendiquent pleinement leurs droits juridiques et les défis à relever ».

« Au Congo, cette journée prend une tournure particulière, souvent marquée par des festivités dans les bistrots et bars, où la consommation d'alcool semble occulter la signification profonde de cet événement mondial. Si la femme congolaise jouit, depuis longtemps, des droits fondamentaux égaux à ceux de l'homme tels que l'accès à l'éducation, la liberté de travailler dans n'importe quel métier, l'égalité des chances, l'égalité salariale et, depuis 2015, la parité professionnelle, il est crucial de s'interroger sur la pleine jouissance de ces droits et sur la compréhension de leur portée », a-t-elle estimé.

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D'après la présidente de l'association Sourire de femmes, la récente loi Mouebara publiée le 4 mai 2022 vient renforcer la protection des femmes contre diverses formes de violences, qu'elles soient professionnelles, domestiques ou conjugales, couvrant ainsi tous les statuts et protégeant également les jeunes filles. « Bien que la femme congolaise ait accès à l'éducation, à des postes de responsabilité, au droit de propriété et à la justice, notamment pour faire valoir les vices de son mariage, la réalité sur le terrain mérite une analyse approfondie pour combler le fossé entre la loi et sa pleine application. Ce fossé, qui sépare la lettre de la loi de sa mise en oeuvre concrète, ne peut être comblé sans une transformation profonde des changements de mentalités », a analysé la magistrate.

Selon elle, il est impératif qu'une prise de conscience collective émerge au sein des familles. Car l'émancipation féminine prend racine dans l'éducation, l'autonomisation financière et une planification familiale éclairée, leviers essentiels pour lutter contre la pauvreté qui gangrène de nombreux foyers. « Parallèlement, une connaissance accrue des droits et des mécanismes de protection juridique dédiés aux femmes constitue une pierre angulaire pour leur pleine jouissance de la justice et leur sécurité. Sans ces deux piliers, un changement de paradigme sociétal et une maîtrise des outils juridiques, la loi risque de demeurer une promesse inatteignable, laissant les femmes vulnérables face aux injustices », a prévenu Johnes-Marinelle Noblesse Elion Mongo .

Célébrée le 8 mars de chaque année à l'échelle mondiale, la Journée internationale des droits des femmes est une occasion cruciale pour évaluer les progrès réalisés en matière d'égalité des genres et pour identifier les défis persistants. Elle met en lumière les luttes historiques et actuelles pour les droits des femmes à travers le monde, sert également de plateforme pour promouvoir l'action collective visant à atteindre une véritable égalité.

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