Sénégal: Saint-Louis - À Mbane et Keur Birane, les femmes agricultrices réclament soutien et moyens

Dans le département de Dagana, les femmes agricultrices des localités de Mbane et de Keur Birane tirent la sonnette d'alarme. Si l'accès à la terre ne constitue pas un obstacle majeur, le manque de financement, l'absence d'aménagements et l'insuffisance d'accompagnement freinent sérieusement le développement de leurs activités agricoles.

Dans le village de Mbane, les femmes agricultrices dans le département de Dagana, vivent une situation particulièrement difficile. Bien qu'elles disposent de terres à exploiter, elles peinent à développer leurs activités génératrices de revenus, faute de moyens financiers et de soutien technique.

Selon Mme Ndeye Boh, présidente d'un groupement de femmes de la localité, les agricultrices sont contraintes de se débrouiller seules pour exploiter leurs terres. « Nous cultivons du manioc, mais nous rencontrons d'énormes difficultés en ce qui concerne l'aménagement de nos terres. Le coût de la production est très élevé et nous supportons tout nous-mêmes, faute d'accompagnement. Nous n'avons jamais bénéficié d'aménagement ici à Mbane. Nous volons de nos propres ailes et nous sommes vraiment laissées aux oubliettes », a-t-elle déploré.

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Malgré ces contraintes, ces femmes du monde rural se sont très tôt engagées dans le développement de l'économie sociale et solidaire, notamment à travers la mise en place de caisses d'épargne et de crédit destinées à leur autofinancement. « Au début, chaque groupement recevait un crédit de 50 000 FCFA. Aujourd'hui, notre caisse dispose de plus de 7 millions de FCFA. Une partie de cette somme est investie dans l'achat de matériel agricole », explique Mme Boh, tout en regrettant le manque de considération des autorités à l'endroit des femmes rurales.

Les mêmes difficultés sont vécues par les femmes de Keur Birane, un village situé à deux kilomètres de la ville de Richard-Toll, sur la route de Dagana. Fatimata Bâ, agricultrice dans cette localité, explique que leur principal problème reste l'accès à l'eau pour leurs cultures. « Nous cultivons du bissap et de la pastèque que nous commercialisons au marché. Mais le problème ici, c'est l'étroitesse du canal de drainage des eaux. Nous ne sommes pas bien approvisionnées en eau au niveau de notre jardin », a confié Mme Ba.

Dans cette partie du département de Dagana, l'accès au financement constitue également un véritable casse-tête pour ces femmes. « La seule fois où nous avons reçu un appui, c'était une aide de 250 000 FCFA. C'est vraiment minime au vu du nombre de femmes dans notre groupement. Malgré tout, nous avons réussi à multiplier cette somme grâce à notre caisse d'épargne et de crédit », a -t-elle ajouté. Profitant de l'occasion de la Journée dédiée aux femmes, Fatimata Bâ lance un appel aux autorités afin qu'elles soutiennent davantage les femmes rurales.

« Nous sommes laissées aux oubliettes. Pourtant nous faisons partie de ce pays et nous voulons réussir comme les autres femmes. Nous avons le potentiel, la connaissance et l'expertise, mais les moyens font défaut. Chaque jour, nous nous levons très tôt pour aller vendre nos produits au marché et subvenir aux besoins de nos familles. Nous demandons simplement aux autorités de nous venir en aide », a plaidé l'agricultrice.

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