Même si depuis plusieurs décennies leurs combats n'ont pas toujours abouti aux avancées espérées, les femmes ne renoncent pas. Cette année encore, à l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, elles ont tenu à rappeler leurs préoccupations essentielles, remettant symboliquement les les pendules à l'heure. Autrement dit, elles ont réitéré leur plaidoyer con constant en faveur de droits qu'elles considèrent comme légitimes, dans l'espoir de voir leurs revendications progresser au sein des instances chargées d'apporter des réponses concrètes.
Ces revendications portent principalement sur l'accès des femmes à la terre, aux crédits et aux ressources productives, mais également l'arrêt systématique de toutes les formes de violences exercées sur les femmes et les filles. A ces préoccupations, s'ajoute une exigence devenue centrale dans les discours des organisations féminines. La présence effective des femmes dans les institutions stratégiques de prise de décision, condition indispensable pour faire avancer la cause de l'égalité.
Si certains leaders féministes observent que les violences verbales, économiques ou physiques touchent particulièrement les femmes et les jeunes filles vivant en milieu urbain, les réalités du monde rural révèlent elles aussi, une accumulation de difficultés. Dans les campagnes, les femmes sont confrontées à autant de problèmes persistants en matière d'accès à la terre, celui aux crédits agricoles et aux ressources pour développer leurs activités productives. Elles revendiquent une plus grande représentation dans les instances de décision afin que leurs préoccupations soient mieux prises en compte.
A ces contraintes structurelles s'ajoutent, des pressions d'ordre familial. Les femmes rurales sont soumises à certaines exigences familiales imposées par leurs maris ou par d'autres chef de la famille. Même lorsqu'elles contestent ces règles implicites, elles sont souvent contraintes de s'y conformer en raison raison de normes sociales fortement ancrées et de tabous culturels difficiles à remettre en cause.
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La question foncière constitue l'une des expressions les plus visibles de cette précarité. Dans de nombreuses localités rurales, l'accès à la terre est un parcours semé d'obstacles pour les femmes. Pour obtenir une petite parcelle destinée à la culture, certaines doivent débourses plusieurs milliers de francs CFA, parfois entre 80.000 et 100.000 francs pour pouvoir exploiter un terrain. Une charge financière considérable pour des femmes qui, pour la plupart, disposent de ressources limitées et peinent déjà à accéder au crédit nécessaire au démarrage de leurs activités.
Face à cette situation qui reste loin de trouver une solution durable, qui est certaines organisations féminines ont porté le débat au niveau des autorités publiques. Elles plaident pour l'adoption d'une nouvelle législature portant sur l'utilisation différenciée du foncier rural. L'objectif serait de permettre une meilleure répartition de l'exploitation des terres entre les hommes et les femmes.
Les hommes pourraient alors continuer à exploiter les terres pendant la saison hivernale, avant de libérer les espaces agricoles une fois les récoltes terminées. Les femmes pourraient dès lors, investir ces mêmes parcelles pour développer des activités horticoles durant la saison sèche. Une telle organisation nécessiterait toutefois un accompagnement structuré, notamment à travers un programme ambitieux de multiplication des points d'eau dans les villages, afin de permettre aux femmes d'arroser leurs cultures et de s'insérer dans des chaînes de valeur agricoles plus structurées.
Selon les organisations de femmes qui soutiennent cette proposition, un tel dispositif permettrait d'améliorer sensiblement les revenus des femmes rurales. En travaillant jusqu'à six mois supplémentaires dans l'année grâce aux cultures maraîchères, elles pourraient renforcer leur autonomie économique et sociale, tout en développant d'autres activités connexes génératrices de revenus.
La question des violences basées sur le genre demeure également au coeur des préoccupations. À Kaolack notamment, les femmes entendent profiter de la célébration du 8 mars pour interpeller les autorités sur la nécessité de renforcer la formation des magistrats et des forces de défense et de sécurité en matière de prise en charge des violences faites aux femmes.
Selon elles, les textes juridiques existent déjà, mais leur application demeure insuffisante. Depuis la criminalisation du viol, ces organisations constatent que l'effet dissuasif de la loi tarde encore à produire les résultats attendus. Pour ces femmes engagées dans la défense des droits féminins, l'enjeu n'est donc plus seulement l'adoption de nouvelles dispositions légales, mais surtout leur application effective dans la pratique judiciaire et institutionnelle.