Le Conflit au Moyen-Orient commence à se faire sentir sur le tourisme, perturbant le trafic aérien et les déplacements des voyageurs internationaux. De nombreux touristes qui avaient déjà réservé leur séjour n'ont pas pu rejoindre l'île.
Certains passagers devant voyager avec Emirates sont restés bloqués à Dubaï, tandis que d'autres n'ont pas pu décoller depuis leur pays de départ, en raison de vols européens annulés qui empêchaient leur transit. Ce premier impact concerne surtout les clients qui avaient déjà réservé, mais qui se retrouvent désormais incapables d'effectuer leur voyage, souligne le Junior Minister au Tourisme, Sydney Pierre.
La situation est aggravée par une réduction générale des vols. Même si Emirates a repris certaines opérations, les fréquences restent limitées, ce qui accentue les difficultés. De plus, plusieurs voyageurs ayant déjà confirmé leur séjour ont annulé, dans des proportions supérieures à la tendance normale observée dans les systèmes de réservation. Habituellement, quelques annulations ponctuelles se produisent, mais cette fois-ci, elles dépassent nettement la moyenne.
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D'autre part, certains voyageurs qui n'avaient pas encore confirmé leur réservation ont choisi de reporter leur voyage. «Dans un contexte d'incertitude, la prudence l'emporte et les réservations se font plus tard, ce qui affecte particulièrement les vols long-courrier.»
Cette combinaison d'annulations et de reports devrait se traduire par un impact direct sur les arrivées touristiques dès le mois de mars et pourrait se prolonger sur les mois suivants, notamment si les voyageurs prévus en avril ou mai retardent leurs réservations. La courbe des réservations risque donc de repartir à la baisse, indique Sydney Pierre.
Les données de Statistics Mauritius pour 2025 démontrent l'impact des perturbations aériennes sur le tourisme. La majorité des touristes voyagent directement depuis leur pays de résidence. C'est notamment le cas des visiteurs de La Réunion avec 96,0 %, de l'Afrique du Sud avec 96,7 % et de l'Inde avec 90,9 %. Les touristes du Royaume-Uni représentent 55,9 % de voyages directs, tandis que ceux de la France sont de 53,7 %. Mais certains marchés utilisent des correspondances via les Émirats arabes unis.
C'est particulièrement le cas de la Fédération de Russie, où 81,6 % des touristes transitent par ce hub, ainsi que des Pays-Bas avec 45,3 % et de la Chine avec 44,0 %. Par ailleurs, une proportion plus faible de voyageurs passe par la Turquie, notamment les touristes venant d'Italie avec 19,4 %, d'Autriche avec 8,7 % et d'Espagne avec 8,2 %. Ces données relèvent que, bien que les vols directs restent dominants pour plusieurs pays, les Émirats arabes unis constituent un hub de transit important pour certains marchés.
Interrogé sur les passagers étrangers bloqués actuellement à Maurice, le Junior Minister explique que plusieurs arrivent progressivement à repartir. Toutefois, la réduction du nombre de vols entraîne une accumulation de voyageurs. Des touristes qui étaient déjà en séjour arrivent quotidiennement à leur date de départ, mais comme les vols sont moins nombreux, les départs se font plus lentement, ce qui crée un effet d'accumulation.