Ile Maurice: Micro-certifications - Une solution innovante pour valider des compétences

«Les micro-certifications universitaires sont une solution pour combler l'écart entre la demande et l'offre de main-d'oeuvre, c'està-dire le fossé entre les diplômés et les besoins des employeurs». C'est ce qu'a déclaré le ministre de l'Éducation tertiaire, de la science et de la recherche, Kaviraj Sukon, ce mercredi 4 mars lors du lancement du National Credit Value and Transfer System (NCVTS) Implementation Training Workshop au Caudan Arts Centre.

L'événement a réuni les dirigeants des établissements d'enseignement supérieur publics et privés, ainsi que des experts. Un aperçu du NCVTS et de sa mise en oeuvre nationale a été présenté. L'atelier de travail a abordé plusieurs thèmes, notamment : les fondements et les objectifs du système de crédits ; l'harmonisation des crédits, des heures d'apprentissage théorique et des acquis d'apprentissage ; des présentations institutionnelles sur l'état d'avancement de la mise en oeuvre et une session dédiée à la reconnaissance des acquis antérieurs.

Les micro-crédits universitaires (ou micro-certifications) sont des unités d'apprentissage courtes et flexibles, conçues pour acquérir rapidement des compétences spécifiques et valorisables sur le marché du travail. Elles complètent des formations supérieures, permettent la formation continue et s'intègrent souvent dans des cursus plus longs.

Le ministre Sukon a expliqué que les six projets pilotes en cours impliquent des institutions privées et l'industrie. «À l'issue de ces projets, les forces et faiblesses seront analysées pour créer des lignes directrices applicables. Pour favoriser l'employabilité, les micro-credentials sont reconnus grâce à une certification, validée par la Higher Education Commission, qui dispose d'un registre spécifique pour ces formations. Il est essentiel de noter que toutes les formations ne peuvent pas devenir des microcredentials. De plus, un système de crédits mauricien est en développement pour faciliter la mobilité des étudiants entre institutions, permettant ainsi une comparaison équitable des diplômes entre universités. Ce système est l'objectif principal de cet atelier.»

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Romeela Mohee, commissaire de la Higher Education Commission, a pour sa part expliqué que ce système est crucial pour la mobilité des étudiants, permettant des échanges entre universités à Maurice et à l'étranger, notamment au sein de la communauté de la Southern African Development Community. Eduarda Castel Branco, experte principale en systèmes de qualifications au sein de l'African Continental Qualifications Framework, a, dans son discours, salué les efforts de Maurice pour implémenter ce système dans le pays et a déclaré que l'apprentissage tout au long de la vie est devenu une nécessité, cruciale pour l'adaptation et la pertinence dans la résolution de problèmes persistants tels que la pauvreté et les inégalités. «Le life long learning doit être structuré, accessible, équitable et s'adresser à tous les publics, quels que soient leurs âges, leur sexe ou leur milieu socio-économique», a-t-elle souligné.

Selon elle, Maurice réalise des progrès significatifs grâce à la mise en place du NCVTS, qui offre trois principaux leviers de transformation. Premièrement, il s'aligne sur les cadres internationaux de crédits établis, garantissant ainsi la reconnaissance mondiale des qualifications mauriciennes et renforçant la mobilité et la coopération. Deuxièmement, il agit comme un catalyseur de changement au sein des établissements d'enseignement supérieur en promouvant la modularisation et en encourageant les évaluations de programmes, ce qui contribue à améliorer les résultats d'apprentissage et l'inclusion. Troisièmement, le NCVTS joue un rôle de liaison entre les différents sous-systèmes éducatifs, favorisant une relation cohérente entre l'apprentissage formel et non formel et constituant ainsi un pilier stratégique de la réforme du paysage éducatif dans son ensemble.

Pour rappel, dans le Blueprint on MicroCredentials in Higher Education: From Concept to Execution sorti en août 2025, il est précisé que «Maurice souhaite faire de l'enseignement supérieur un pilier essentiel de son économie, renforcer l'adaptabilité de sa main-d'oeuvre et promouvoir un accès inclusif à la formation continue». Dans ce contexte, la mise en place d'un système rigoureux d'agrément, de certification et de reconnaissance, ainsi que d'un registre des micros-certifications, garantira une valeur ajoutée à long terme pour les apprenants, les établissements et les employeurs.

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