Lubango — 70 % des patientes prises en charge à la maternité « Irene Neto » de Lubango, dans la province de Huíla, ignorent tout de la notion de violence obstétricale, bien que certaines aient rapporté avoir vécu des situations associées à ce type de pratique durant leurs soins.
Cette conclusion est issue d'une étude descriptive transversale menée en janvier et février de cette année auprès d'un échantillon de 25 patientes : 14 femmes en post-partum et 11 femmes enceintes. Vingt-quatre (24) de ces femmes avaient des antécédents obstétricaux, et une seule était enceinte pour la première fois au moment de l'étude. Lors de sa présentation intitulée « Perception des patientes enceintes en post-partum concernant les violences obstétricales à la maternité et à l'hôpital pour enfants Irene Neto », la responsable des données de cette unité hospitalière, Patrícia Armando, a indiqué que l'étude visait à évaluer la perception qu'ont les patientes de ce phénomène et à caractériser le profil sociodémographique des parturientes.
Elle a ajouté que la recherche s'appuyait sur l'analyse du niveau de connaissances concernant les violences obstétricales, l'identification des pratiques perçues comme abusives et la collecte de suggestions visant à humaniser l'accouchement.
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Elle a révélé que les données avaient été recueillies au moyen de questionnaires structurés comportant des questions fermées sur les aspects sociodémographiques et obstétricaux, ainsi que des questions ouvertes destinées à recueillir les suggestions des patientes pour améliorer la qualité des soins. Par ailleurs, 88 % des patientes ont déclaré avoir été accompagnées lors de l'accouchement ; cependant, 68 % d'entre elles n'avaient jamais entendu parler du terme « violences obstétricales ».
Elle a indiqué que parmi les expériences de ce type de violence rapportées par les patientes figuraient la négligence ou les retards dans l'assistance (44 %), l'interdiction d'être accompagnée (44 %), les attouchements répétés pendant l'examen (32 %), les cris ou les humiliations (24 %), le manque d'intimité (20 %) et la réalisation de procédures sans consentement (16 %).
Par conséquent, la chercheuse a plaidé pour un renforcement de l'éducation sanitaire, une meilleure information des patientes sur leurs droits et la poursuite des politiques d'humanisation de l'accouchement dans les services de santé, afin d'améliorer la qualité des soins maternels et infantiles.
Elle a rappelé que l'Organisation mondiale de la Santé définit la violence obstétricale comme toute forme de manque de respect, de maltraitance ou de négligence à l'égard des femmes pendant la grossesse, l'accouchement ou la période post-partum au sein des services de santé. La violence obstétricale englobe les violences physiques, verbales ou psychologiques subies par les femmes pendant la grossesse, l'accouchement ou la période post-partum, et se caractérise par un traitement déshumanisant, des interventions inutiles (telles que l'épisiotomie ou la manœuvre de Kristeller) et un déni d'autonomie.