Le Sénégal prévoit de supprimer 19 entités publiques dans le cadre d'un programme gouvernemental visant à rationaliser les structures de l'État et à réduire la pression budgétaire.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé cette mesure lors d'une réunion du Conseil des ministres le 4 mars. Le gouvernement espère que cette mesure permettra d'économiser 55 milliards de francs CFA sur trois ans.
Les agences dont la fermeture est prévue avaient des allocations budgétaires combinées de plus de 28 milliards de francs CFA en 2025. Elles emploient 982 personnes et ont une dette totale de 2,6 milliards de francs CFA.
Le gouvernement a déclaré que la suppression de ces structures permettra de réorienter les fonds vers les secteurs prioritaires.
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En plus des fermetures, les autorités prévoient de restructurer 10 autres entités. Le processus impliquera la redéfinition de leurs mandats, l'ajustement des cadres de gouvernance et la mise à jour des structures juridiques.
Ces entités ont été identifiées par un groupe de travail chargé d'examiner le secteur semi-public. Cet examen a mis en évidence les chevauchements de mandats, la duplication des fonctions administratives et les gains d'efficacité potentiels résultant de la consolidation.
M. Sonko a déclaré que le programme de réforme se concentrera également sur l'amélioration de la gouvernance des agences publiques. Les mesures comprendront le contrôle des coûts salariaux, l'harmonisation des structures salariales et le renforcement des systèmes d'évaluation.
Le gouvernement a chargé le ministère des finances et le secrétariat du gouvernement de veiller à la mise en oeuvre et au respect du plan de réforme.
La restructuration des agences publiques faisait partie de la plateforme politique du Président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Sonko.
Points clés à retenir
Le plan de réforme du Sénégal reflète les pressions budgétaires plus générales qui s'exercent sur plusieurs économies africaines. La dette publique a atteint environ 119 % du PIB, ce qui a accru la pression sur les finances publiques. L'augmentation des coûts du service de la dette et l'espace budgétaire limité ont poussé les autorités à revoir les dépenses et à réduire les coûts administratifs. De nombreux gouvernements africains entretiennent de vastes réseaux d'agences et d'institutions semi-publiques créées pour mettre en oeuvre des programmes de développement.
Au fil du temps, le chevauchement des mandats et la faiblesse du contrôle peuvent accroître les coûts de fonctionnement. La rationalisation de ces structures est souvent utilisée pour réduire les dépenses et améliorer l'efficacité. Cependant, de telles réformes peuvent être confrontées à des défis de mise en oeuvre en raison de la résistance politique, des préoccupations en matière d'emploi et de l'inertie institutionnelle. La réforme du Sénégal reflète également les efforts déployés pour rétablir la discipline budgétaire après plusieurs années d'augmentation des emprunts.
L'amélioration de la gouvernance des organismes publics et le contrôle de la masse salariale sont des objectifs courants des programmes d'assainissement budgétaire soutenus par les bailleurs de fonds internationaux. S'il est mis en oeuvre, le plan pourrait contribuer à réduire les coûts de fonctionnement et à améliorer l'affectation du budget aux infrastructures, aux services sociaux et aux priorités de développement économique.