Autre temps autres moeurs ! A Révolution progressiste et populaire, promotion des droits de la femme sans les cliquetis blafards des uniformes, des coiffures et des coiffées de la Sainte-Catherine, se trémoussant dans des bals poussière à vous faire oublier les idéaux des ouvrières en marche au début du 20e siècle. En effet, c'est un 8-Mars commémoré sous une nouvelle philosophie que le Burkina a implémenté cette année.
De la ville de Dori, à la bourgade de Komtoèga, dans la région du Nakambé, en passant par Dédougou, Ouagadougou, la commémoration de cette journée dédiée, depuis 1977 par l'ONU à la promotion des droits de la femme, a été célébrée au Burkina, sous le signe de donner plus d'autonomie à l'autre moitié du ciel dans la conquête et la protection de ses droits économiques et sociaux, notamment en milieu rural. Plusieurs périmètres aménagés en terres agricoles ont ainsi été offerts à plusieurs associations, groupements villageois ou à des particuliers à même de produire des cultures vivrières et de rente pour améliorer leurs ordinaires et leurs revenus.
Ces dons du gouvernement burkinabè pour promouvoir les droits socio-économiques de la femme, surtout en milieu rural, ont été offerts pour améliorer sa contribution à la résilience des populations, par un accroissement de sa participation au PIB, à la cohésion et à la paix sociale dans un processus d'une plus grande autonomie économique. Cette philosophie, si elle n'est pas nouvelle dans la promotion des droits de la femme burkinabè, elle s'exprime avec plus de volonté politique manifestée en des projets plus visibles, plus impactant parce que plus à la portée des bénéficiaires. Cela devrait susciter leur engagement participatif selon la vision " on ne développe pas, on se développe" du professeur Joseph Ki-Zerbo.
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C'est également cette vision de souveraineté qui sous-tend l'initiative du président Ibrahim Traoré mise en oeuvre pour soutenir la femme rurale avec du matériel agricole et des instrants, des outils à l'aune des réalités du Burkina, du Sahel et à même de contribuer à briser les chaines de sa dépendance féodale. C'est connu, dans la plupart de nos communautés, la femme est plus ouvrière agricole que propriétaire terrien, plus ménagère que consommatrice. Cette dépendance, à défaut d'être asservissante, limite ses initiatives, ses capacités productives et ipso facto son épanouissement social, ses revenus économiques, le bien-être des enfants dont elle a souvent les charges de proximité au quotidien.
Cette situation de personnes vulnérables que constituent la femme et l'enfant africains, sahéliens et burkinabè, se dégrade en temps de guerre, de catastrophes naturelles ou de migration. C'est une lapalissade de dire qu'au Sahel, à cause des attaques terroristes, femmes et enfants sont les plus exposés à la crise humanitaire qui affecte les populations. Victimes d'assassinats, de viols, de rapts, de déplacements internes ou de migrations volontaires ou forcées, ils ont plus besoin d'assistance humanitaire, de programmes et projets de protection et de promotion de leurs droits.
Autant de raisons qui font que la commémoration du 8-Mars au Burkina devrait abandonner la grisaille des célébrations folkloriques, festives, ou de forums savants où se revendiquent des droits surréalistes pour ne pas dire des libertinages : avortement, hermaphrodisme, lesbianisme, monoparentalisme et que sais-je encore ?
La femme burkinabè, et plus généralement du Sahel, plus de 100 ans après les manifestations des femmes ouvrières en Russie, 8 mars 1917, "pour le pain et la liberté", ont encore mille et un problèmes, relevant des droits basiques de l'Homme : le droit à la vie, à l'alimentation, à l'habitat, à la propriété, à la justice sociale... Exit donc les djandjoba et les libertinages de lucioles, vite des terres arables pour productrices engagées, résilientes, autonomes !