Cameroun: Les Bayam Selam absentes au défilé du 8 mars à yaoundé

Les Bayam Selam absentes au défilé du 8 mars présidé par Mme Chantal Biya après des violences choquantes perpétrées par le maire de Yaoundé 3

Yaoundé, 8 mars 2026 - Dans un acte inédit en 21 ans d'existence, l'Association des Bayam Selam du Cameroun et de la Diaspora (ASBY) a décidé de ne pas participer au traditionnel défilé de la Journée internationale des droits des femmes. Cette absence fait suite à des violences physiques, morales, financières et matérielles subies par les membres de l'association lors de la foire organisée à Yaoundé 3 du 8 au 20 décembre 2025 pour célébrer la réélection du Président Paul Biya.

La police municipale venue avec camions aurait pénétré sur le site de la foire à 2h du matin, détruisant les installations, les hangars et les drapeaux aux couleurs nationales ainsi que les effigies du Président et de son épouse. Les agressions ont entraîné le pillage de marchandises estimées à 250 millions de FCFA, ainsi que des violences physiques à l'encontre de plus de 100 femmes venues de dix régions du pays.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

L'association exige désormais réparation pour les dommages subis et réclame 250 millions de FCFA pour le préjudice matériel et financier. Elle attend également les résolutions du Premier ministre et du Procureur de la République, saisis de l'affaire, tandis que le maire de Yaoundé 3 a refusé de se présenter à la convocation officielle.

Cette absence soulève une vive inquiétude sur l'état de la protection des femmes et la liberté d'organisation au Cameroun, alors que le Minproff (Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille) promeut officiellement la lutte contre les violences basées sur le genre.

À noter : Depuis sa création, l'association ASBY n'avait jamais manqué à ce rendez-vous du 8 mars, ce qui rend cette absence particulièrement symbolique et alarmante.

À l'occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, l'Association des Bayam Sellam du Cameroun (ASBY) sont absentes, pour la première fois depuis 21 ans, au traditionnel défilé du 8 mars dans les dix régions du Cameroun.

Ces commerçantes du secteur informel ont un profond mécontentement face aux violences physiques, morales, financières et matérielles dont elles affirment avoir été victimes, elles se sont endettées pour venir avec les marchandises, choses qui créent encore plus de problèmes.

Ces faits se seraient produits le 16 décembre 2025, lors de la 12e édition de leur foire commerciale, organisée à Yaoundé. L'événement se tenait pourtant sous le haut patronage du Président de la République et le parrainage du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

À la suite d'une intervention du maire de la commune d'arrondissement de Yaoundé III, Lucas Owona, qu'elles accusent d'être à l'origine des violences qu'elles disent avoir subies.

D'après l'ASBY, toutes les autorisations administratives nécessaires avaient été obtenues pour l'organisation de cette manifestation commerciale. Elles estiment donc avoir été victimes d'un traitement injustifié de la part d'un élu de la nation.

Par leur absence remarquée lors du défilé du 8 mars, les Bayam Sellam entendent exprimer leur indignation et attirer l'attention des autorités sur les faits qu'elles dénoncent. Elles appellent par ailleurs à ce que toute la lumière soit faite sur cet incident et que justice soit rendue.

Cette absence marque ainsi un tournant symbolique pour ces femmes commerçantes qui, depuis plus de deux décennies, participaient activement aux célébrations de la Journée internationale des droits des femmes.

Le site n'appartenant pas à la mairie, le maire a installé un dépôt d'ordures et un lieu de chargement des voitures.

Cet acte d'une violence inimaginable a empêché la poursuite de la foire et la tenue de la cérémonie des awards prévue au palais des congrès de Yaoundé ; un manque à gagner pour ces femmes du secteur informel.

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.