Sénégal: Santé et eau - L'alerte WASH dans le district de Mbao

Un atelier de restitution consacré à l'amélioration des services d'eau, d'hygiène et d'assainissement (WASH) dans les établissements de santé s'est récemment tenu dans le district sanitaire de Mbao. L'initiative est portée par l'ONG PACE, avec l'appui de partenaires techniques et financiers, en collaboration avec le ministère de la Santé et de l'Hygiène publique ainsi que les autorités locales.

Selon Dr Ababacar Mbaye Directeur de la Recherche du Pan African Consortuim of Experts (PACE), cette rencontre vise à partager les résultats d'un diagnostic réalisé dans plusieurs structures sanitaires du district, notamment le centre de santé Khadim Rassoul ainsi que les postes de santé de Taïf et de Fass Mbao de la commune de Diameguene Sicap Mbao « Ce projet vise à améliorer les services liés à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène dans les établissements de santé, qui font face à de réelles difficultés dans ces domaines », a-t-il expliqué.

Le diagnostic a été mené à travers des enquêtes de terrain et des focus groupes impliquant différentes couches de la population, notamment les femmes, les personnes âgées et les personnes vivant avec un handicap. Les agents de santé ont également été consultés afin d'identifier les principaux défis auxquels ils sont confrontés dans leur travail quotidien. Selon Astou Mbengue, responsable des activités communautaires au niveau de PACE, cet exercice s'inscrit dans une démarche de redevabilité vis-à-vis des populations.

« Le fait d'aller vers les communautés pour collecter des données, de les analyser ensuite et de revenir partager les résultats avec elles est un processus dont on ne peut que se réjouir », a-t-elle souligné. Elle précise toutefois que les équipes ont été confrontées à plusieurs contraintes lors de la collecte des informations, notamment des barrières physiques, infrastructurelles, socioculturelles et administratives. Au-delà de la vétusté de certaines infrastructures sanitaires, les résultats du diagnostic ont mis en évidence plusieurs défis majeurs liés aux services WASH.

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Concernant l'accès à l'eau, les enquêtes ont révélé des ruptures fréquentes, notamment en raison de la fermeture régulière des robinets. Les structures disposant de réservoirs parviennent parfois à atténuer ces difficultés, mais les problèmes persistent dans plusieurs établissements. « Il arrive qu'une femme qui vient accoucher dans certaines structures soit obligée d'apporter deux grandes bouteilles d'eau. Cela montre clairement l'ampleur du problème », a déploré Astou Mbengue.

Sur le plan de l'assainissement, la question des toilettes et des fosses septiques constitue également un défi majeur, notamment en raison de la proximité de la nappe phréatique qui affleure dans certaines zones, compliquant la gestion des eaux usées.

Pour Alassane Diawara, point focal de la prévention et du contrôle des infections au niveau du district sanitaire, ces difficultés affectent particulièrement la gestion des installations d'assainissement et des déchets produits dans les structures sanitaires.

« Nous produisons des déchets infectieux qui nécessitent un traitement spécifique, en plus des déchets ménagers. Avec nos moyens limités, il est difficile de répondre efficacement à toutes ces exigences », a-t-il expliqué.Les inondations récurrentes dans certaines zones du district compliquent également la gestion des fosses septiques et l'évacuation des eaux usées.

Face à ces défis, l'atelier de restitution vise à élaborer un plan d'action priorisé et une feuille de route budgétisée afin de mobiliser les ressources nécessaires pour améliorer durablement les conditions WASH dans les établissements concernés. Les partenaires institutionnels, les collectivités territoriales et les organisations impliquées sont ainsi appelés à unir leurs efforts pour accompagner la mise en oeuvre des solutions identifiées.

Pour les initiateurs du projet, cette phase pilote pourrait, à terme, être étendue à d'autres établissements de santé si les résultats obtenus s'avèrent concluants. L'amélioration des services d'eau, d'hygiène et d'assainissement dans les structures sanitaires est en effet considérée comme un levier essentiel pour renforcer la qualité des soins et garantir une meilleure sécurité sanitaire des populations.

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