Maroc: Mains Libres alerte sur l'écart entre les lois et la réalité vécue par les femmes

A l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, l'association «Mains Libres» a publié un communiqué appelant à dépasser les célébrations symboliques pour engager une réflexion plus profonde sur la situation réelle des femmes dans le pays. Le communiqué insiste sur la nécessité d'évaluer concrètement les progrès accomplis en matière d'égalité et de justice sociale.

Selon l'association, le Maroc a enregistré au cours des dernières décennies plusieurs avancées législatives et institutionnelles importantes. Parmi les réformes marquantes figure la révision du droit de la famille, qui a constitué une étape significative dans l'évolution du cadre juridique encadrant les relations familiales.

Les mouvements féministes et les organisations de défense des droits humains ont également joué un rôle déterminant pour placer la question de l'égalité et de la dignité des femmes au coeur du débat public.

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Cependant, malgré ces acquis, Mains Libres estime que les progrès juridiques ne se traduisent pas encore pleinement dans la vie quotidienne de nombreuses femmes. L'écart entre les textes et leur application reste important, et de nombreuses femmes continuent de faire face à des situations de précarité économique, à des discriminations et à différentes formes de violence.

Les données économiques et sociales citées dans le communiqué montrent que les femmes figurent parmi les catégories les plus touchées par le chômage, l'emploi précaire et le travail informel.

La participation féminine au marché du travail demeure particulièrement faible. Les estimations indiquent que le taux d'activité des femmes ne dépasse pas environ 21%, contre plus de 70% pour les hommes. Cette situation révèle l'ampleur des obstacles structurels qui freinent l'intégration économique des femmes.

Les écarts salariaux constituent également un problème persistant. Dans certains domaines du secteur privé, les femmes peuvent percevoir des rémunérations nettement inférieures à celles des hommes occupant des postes comparables.

Dans ce contexte, la discussion nationale autour de la réforme du droit de la famille est présentée comme un moment déterminant. Pour les organisations féministes, il ne s'agit pas seulement d'introduire des ajustements techniques, mais de repenser en profondeur l'équilibre des responsabilités au sein de la famille.

Les principales revendications portent notamment sur une répartition plus équitable des responsabilités familiales; une meilleure protection économique pour les femmes, notamment en matière de pensions alimentaires; la garantie des droits des enfants en cas de séparation des parents; et la simplification et l'accélération des procédures judiciaires liées aux affaires familiales.

Les défenseurs de ces réformes estiment qu'un tel chantier pourrait renforcer l'autonomie économique des femmes et favoriser leur participation active à la société.

Un autre point central concerne la reconnaissance du travail domestique non rémunéré. Les organisations féministes soulignent que ce travail, souvent invisible dans les statistiques économiques, constitue pourtant une contribution essentielle au fonctionnement des familles et de l'économie.

Elles appellent à des politiques publiques capables de mieux valoriser cette contribution, notamment à travers le développement de services de garde d'enfants et l'intégration de l'économie du soin dans les stratégies nationales de développement.

Au-delà des questions sociales et économiques, Mains Libres met en garde contre tout recul des libertés publiques. Les organisations de défense des droits estiment que la liberté d'expression et d'organisation demeure indispensable pour permettre à la société civile de participer au débat public et de promouvoir les réformes nécessaires.

Selon Mains Libres, la promotion des droits des femmes est indissociable de la protection des libertés démocratiques.

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