L'Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), en collaboration avec les services de sécurité, a interpellé en fin de semaine dernière deux trafiquants d'ivoire à environ 7 kilomètres de la ville de Kindu, au Maniema.
Pour les autorités de l'ICCN, cette arrestation illustre la criminalité faunique devenue trop fréquente, et qui menace gravement la biodiversité de la région.
L'ICCN appelle à un suivi rigoureux du dossier, afin que les présumés trafiquants répondent de leurs actes conformément à la loi.
Le directeur chef de site du Parc national de la Lomami interpelle l'opinion sur la gravité de ces crimes :
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« Nous venons de mettre la main sur des trafiquants d'ivoire, actuellement entre les mains de la justice. Nous suivons les animaux dans la forêt et constatons s'ils se multiplient ou diminuent. Depuis quatre ans que je suis ici, il y a des suspicions à nos barrières et dans des zones de sortie, des signes d'une destruction massive de notre biodiversité ».
Il avertit que le Maniema ne doit pas devenir une plaque tournante pour ces marchés illicites et demande à la population de collaborer :
« J'appelle les communautés à ouvrir l'oeil et le bon, et à dénoncer ces crimes. C'est de la criminalité faunique, un crime combattu par toutes nos lois ».
Une biodiversité sous pression
Le Maniema, riche en faune sauvage, est l'une des zones les plus affectées par le braconnage et le trafic d'ivoire, alimenté par des réseaux criminels organisés.
Selon l'ICCN, ces activités illégales ne cessent de décimer les espèces protégées et de fragiliser l'équilibre écologique du parc.
L'arrestation des deux trafiquants intervient alors qu'un atelier de coordination venait de réunir plusieurs services pour renforcer la collaboration dans la lutte contre la criminalité environnementale.
Pour les autorités, la lutte contre le trafic d'ivoire exige une mobilisation collective :
dénonciation rapide des acteurs impliqués ;
renforcement des contrôles aux barrières ;
appui aux services de conservation.
L'ICCN réitère son engagement à travailler avec la justice et les forces de sécurité pour éradiquer cette hémorragie qui, selon ses responsables, « ne fait plus l'honneur du pays ».