Dans ses actions de soutien à l'entrepreneuriat, la Der/Fj accorde une place de choix aux femmes. Sa déléguée générale, Aïda Mbodji, parle même de discrimination positive. La preuve : 60 % des activités ont été consacrées aux femmes.
Quelle place occupent les femmes dans vos actions ?
Tout d'abord, permettez-moi de féliciter toutes les femmes. Le mois de mars est par essence dédié aux femmes par nos pouvoirs publics. Comme vous le savez, le décret qui a institué la Quinzaine de la femme se déroule en mars, entre le 15 et le 31 du mois. La Journée internationale des droits des femmes est célébrée le 8 mars, mais, pour ma part, je considère le 7 mars comme un jour tout aussi important et je pense que les autorités nous suivront dans ce choix.
Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres
Je rappelais d'ailleurs, l'autre jour, que la première Journée nationale des droits des femmes au Sénégal, sous le président Senghor, s'était tenue le 25 mars à l'Assemblée nationale. Donc, de façon institutionnelle, le mois de mars reste celui des femmes. La Der, comme à l'accoutumée, a consacré 60 % de ses activités aux femmes. Nous avons mis en place une discrimination positive à leur égard, car l'autonomisation de la femme comporte plusieurs volets : du sourcing à l'enrôlement en passant par la formation, la formalisation et le financement. Dans tout ce processus, la femme est favorisée. Nous ne saurions donc parler de notre bilan sans évoquer cette dynamique.
Quels sont les chiffres clés de cette action en faveur des femmes ?
Depuis mon arrivée, en juin 2024, nous avons atteint 3,856 milliards de FCfa, dont 23 milliards spécifiquement alloués aux femmes. En ce qui concerne les initiatives entrepreneuriales, nous en dénombrons 48 302, dont 81 % sont portées par des femmes, soit 38 778.
Nous avons également octroyé des crédits : une même initiative peut bénéficier de plusieurs crédits. Nous en sommes à 88 461 crédits octroyés à l'échelle nationale depuis mon arrivée, dont 71 906 pour les femmes. Vous constatez donc le dynamisme de ces femmes qui veulent travailler et qui ne demandent qu'à être formées et soutenues.
Au-delà du financement, quel est votre rôle en matière de formation et d'accompagnement ?
Nous avons une direction dédiée à l'accompagnement non financier. Cela inclut la formation, la formalisation, mais aussi et surtout le suivi post-financement : un aspect crucial. Beaucoup d'entreprises ont une durée de vie très courte et c'est dommage, car notre rôle est une mission d'impact. Nous nous soucions de l'impact de nos actions. Avant même de sourcer et d'enrôler un projet, nous évaluons son impact potentiel sur le contexte social.
Nous luttons contre le chômage, contre l'oisiveté, contre la pauvreté. Cet impact nous oblige à orienter nos actions en tenant compte notamment de la féminisation de la pauvreté. Le suivi post-financement nous permet d'évaluer cela. Nous suivons la progression de l'entreprise, nous cherchons à les mettre en réseau, à leur trouver des débouchés et des opportunités d'affaires, que ce soit au Sénégal ou à l'étranger. Nous aidons aussi nos bénéficiaires à accéder aux marchés et à participer à des foires.