Originaire d'Agnam, dans la région de Matam, Woppa Diallo a fait de l'éducation des filles son combat de vie. À travers l'Association pour le maintien des filles à l'école (Amfe), qu'elle a fondée en 2008, elle lutte contre les obstacles socioculturels et économiques qui freinent la scolarisation des filles dans une région encore marquée par de fortes inégalités.
Promouvoir et garantir l'accès à l'éducation pour toutes les filles de la région de Matam, telle est la mission première de l'Association pour le maintien des filles à l'école (Amfe). Et depuis plus de 15 ans, sa fondatrice, Woppa Diallo, oeuvre sans relâche pour que chaque fille puisse apprendre, s'émanciper et construire son avenir malgré les obstacles.
Diplômée d'une Licence en Droit privé, option judiciaire, et d'un Master en Droits de l'Homme, action humanitaire et citoyenneté à l'Institut international des droits de l'Homme et de la paix (Idhp), elle a également multiplié les formations en gestion de conflit, droits des femmes, genre et management. Une solide base académique qu'elle met au service d'une cause qu'elle estime vitale. « L'éducation des filles est un investissement dans l'avenir de toute la société », dit-elle.
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Créée en 2008, l'Amfe a progressivement élargi son champ d'action. « Au départ, nous accompagnions uniquement les filles sur le plan scolaire », explique Mme Diallo. Mais, très vite, les membres ont compris qu'il fallait aussi agir sur l'environnement social et familial ».
Ainsi, l'association ne se contente plus de soutenir les élèves : elle sensibilise les communautés à l'importance de l'éducation des filles et développe des partenariats avec des Ong et des institutions publiques. « Notre mission est d'offrir aux filles une éducation de qualité, dans un environnement sûr et bienveillant », ajoute-t-elle.
Des défis multiples et persistants
Selon la fondatrice de l'Amfe, dans la région de Matam, les obstacles restent nombreux. « Les défis incluent le manque de moyens financiers, les mariages précoces et les normes socioculturelles qui limitent les filles à des rôles domestiques », détaille la militante. Mais, dit-elle, le problème va bien au-delà de l'école : « L'éducation est un secteur multisectoriel ; il dépend aussi du budget, des infrastructures, de la famille, de l'eau et de l'assainissement. Dans certaines zones, il n'y a ni réseau téléphonique, ni eau potable, ni électricité, ni même de bonnes routes pour aller à l'école ».
Pour surmonter ces défis, l'Amfe mise sur des programmes variés : bourses d'études, tutorat, sensibilisation communautaire, plaidoyer et accompagnement social. « Nous organisons régulièrement des formations et des causeries sur des thèmes comme l'hygiène menstruelle, les technologies de l'information et de la communication ou les violences basées sur le genre », explique Woppa Diallo.
À l'en croire, l'association a déjà formé 76 « Bajenu Gox » (femmes leaders de quartier) et 76 élèves sur les droits humains et la lutte contre les violences faites aux femmes.
L'Amfe soutient également les filles vivant loin de leur famille. « Nous proposons l'hébergement et le placement dans des familles d'accueil pour éviter les abandons scolaires », se félicite Mme Diallo. Et d'ajouter : « Récemment, l'association a ouvert des cours d'informatique pour permettre aux jeunes filles de se familiariser avec les outils numériques ».