Madagascar: Antsiranana- Les femmes partagent leur vécu face aux tensions sociales

À l'occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la quatrième édition du projet « Mars au féminin » a réuni, samedi dernier, dans la salle de spectacle de l'Alliance française d'Antsiranana, des femmes engagées pour partager leur vécu lors des manifestations récentes et pour débattre des défis liés à l'égalité, à la justice et à la liberté d'expression.

Face aux récentes situations politiques dans le pays, quatre femmes d'action ainsi qu'une jeune membre du mouvement Génération Z (Gen Z), Xenia Bakamisy, ont été les invitées du Dr Juliana Lovatiana, initiatrice de « Mars au féminin ». La salle était comble, avec un public issu de différentes catégories sociales, majoritairement composé de femmes.

« La Journée internationale des femmes 2026, sous le thème "Droits, justice, action pour toutes les femmes et les filles", est l'occasion de renforcer notre détermination collective. Cette année, elle lance un appel à l'action pour démanteler les obstacles structurels à une justice équitable, comme les protections juridiques insuffisantes et les pratiques sociales néfastes qui érodent ces droits », a-t-elle expliqué.

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Les intervenantes ont connu des violences, des menaces et des difficultés au quotidien durant ces événements en rapport avec la liberté d'expression et leur rapport au social après ce mouvement durement réprimé par les autorités et qui a été marqué par des manifestations. En fait, l'objectif de ce débat est de discuter du rôle des femmes dans la société, notamment leur implication dans les mouvements sociaux récents (eau, électricité, corruption).

Certes, « Mars au féminin » est dédié à la valorisation des parcours des femmes antsiranaises, fortes et hors du commun, mais cette fois l'événement a donné la parole aux sélectionnées pour mener une série de conférences-débats, afin de faire évoluer les représentations féminines.

Pour la liberté

L'ancien préfet Hermine Jahdà Tsirinary, qui avait eu à gérer les tensions durant cette période, a affirmé que la liberté d'expression constitue un principe fondamental. Toutefois, comme tout principe, elle comporte des limites et elle s'exerce dans le respect de la légalité.

Le préfet a toutefois souligné que le véritable problème observé sous les différents régimes successifs réside dans une forme de surdité volontaire, caractérisée par un manque de volonté de privilégier le dialogue.

De leur côté, certaines intervenantes, dont Berthela Fety, présidente de l'Association Tamana, ont affirmé qu'elles ont eu le droit d'exprimer leurs opinions face aux injustices et aux violations des droits fondamentaux qui suscitent le mécontentement de la population.

La journaliste de la Télévision Malagasy (TVM) locale Eugénie Rasoanirina, quant à elle, n'a pas hésité à déclarer que la liberté d'expression et la liberté de la presse restent aujourd'hui limitées.

Elle a dénoncé le fait que des journalistes aient été empêchés d'exercer leur métier sur le terrain, aussi bien lors des mobilisations de la GenZ à l'Université que pendant d'autres manifestations. Selon elle, ils ont été fouillés et empêchés de travailler par des étudiants, tandis que certains responsables politiques ont même déclaré publiquement, sur la place du 13-Mai, qu'ils n'avaient pas besoin des journalistes.

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