Ile Maurice: L'UPSEE interpelle sur les disparités de formation dans les collèges

La question de l'égalité de traitement au sein des établissements secondaires refait surface. Le personnel non enseignant employé par la Mauritius Educational Development Company Ltd (MEDCO), mais travaillant dans les collèges d'État, affirme être confronté à des inégalités en matière d'accès à certaines formations. Une situation que déplore le syndicat représentant ces employés, qui appelle à une réflexion sur l'organisation du personnel dans le secteur éducatif.

Selon Arvind Bhojun, président de l'Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), les membres du personnel non enseignant relevant de la MEDCO ne bénéficieraient pas toujours des mêmes opportunités que leurs collègues travaillant dans les mêmes établissements mais recrutés directement par les instances publiques. «Lorsque certains membres du personnel non enseignant suivent des formations à travers le Civil Service College, ceux qui travaillent dans les mêmes établissements mais sous l'appellation de MEDCO n'y ont pas toujours accès», explique-t-il.

Pour le syndicaliste, cette situation crée un sentiment d'injustice parmi les employés concernés. «Nous travaillons dans le même environnement, avec les mêmes élèves. Il est difficile de comprendre pourquoi il existe une différence entre ces deux catégories de personnel», ajoute-t-il. Selon lui, cette distinction découle notamment du fait que certains employés sont recrutés par la Public Service Commissionou la Disciplined Forces Service Commission tandis que d'autres sont employés par la MEDCO. Pourtant, tous participent au fonctionnement des établissements scolaires et contribuent à l'encadrement des élèves.

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L'idée d'une structure commune Face à ces disparités, le syndicat estime qu'une réflexion plus large sur la gestion du personnel dans le secteur de l'éducation serait nécessaire. Pour Arvind Bhojun, l'existence de plusieurs structures d'emploi au sein des collèges crée des différences de traitement qui pourraient être évitées. «Les collèges d'État et les collèges privés reçoivent tous un financement public. Dans ce contexte, il serait peut-être utile d'envisager un système plus centralisé», avance-t-il. Le syndicaliste évoque notamment la possibilité de créer uneEducation Service Commissionqui regrouperait l'ensemble du personnel du secteur éducatif, avec un cadre légal commun pour les collèges publics et privés.

Au-delà de la question des formations, le syndicat attire également l'attention sur les défis auxquels est confronté le personnel éducatif dans les établissements secondaires. Selon Arvind Bhojun, les cas d'indiscipline parmi les élèves semblent être en augmentation. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation, notamment les réalités familiales, l'influence des groupes de pairs ou encore l'impact croissant des médias et de l'internet. «Dans les collèges, le personnel enseignant et non enseignant fait de son mieux pour encadrer les élèves avec les moyens disponibles», souligne-t-il.

Cependant, il estime que les professionnels de l'éducation ne disposent pas toujours de la formation nécessaire pour gérer certaines situations complexes. Il observe également que les établissements sont de plus en plus amenés à offrir un accompagnement aux élèves au-delà de l'enseignement académique. «Aujourd'hui, nous faisons parfois davantage de pastoral care, c'est-à-dire de l'accompagnement des élèves, que de l'enseignement», explique-t-il.

Un besoin de formation renforcé

Le syndicat souligne aussi le manque de formations structurées dans certains établissements secondaires privés. «Dans le primaire, il existe davantage d'opportunités de formation. Dans le secondaire privé, elles restent plus limitées», affirme-t-il. Face à cette situation, plusieurs enseignants et membres du personnel choisissent de poursuivre leurs études à titre personnel, en suivant par exemple un Postgraduate Certificate in Education ou un Master. Toutefois, ces démarches se font souvent sans incitation particulière. «Se perfectionner demande du temps et des ressources financières, et il n'y a pas toujours de reconnaissance pour ces efforts», déplore-t-il.

Enfin, le syndicat souligne que les défis rencontrés dans les établissements scolaires reflètent également des réalités sociales plus larges. Selon Arvind Bhojun, les inégalités économiques ont un impact direct sur les élèves. «Certains ont les moyens de suivre des leçons particulières, tandis que d'autres n'en ont pas la possibilité», observe-t-il. Cette situation crée, selon lui, un écart grandissant entre les différentes catégories sociales.

Face à ces multiples défis, le syndicat appelle à une réflexion globale sur l'organisation du système éducatif afin de garantir des conditions plus équitables pour le personnel et un meilleur accompagnement pour les élèves.

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