Seynabou Ndiour , chargée de projet vit à Paris depuis maintenant 31 ans. Son parcours professionnel l'a conduite à s'investir dans des projets à fort impact humain, dans le domaine social et médicosocial . La Rufisquoise et Parisienne, ancienne du Lycée Abdoulaye Sadji, creuset de savoirs et de dialogue des cultures, garde le souvenir de son premier ramadan au pays de Marianne.
Comment avez-vous vécu votre premier ramadan à Paris ?
Mon attachement au Sénégal et à nos traditions reste profondément ancré en moi, particulièrement pendant le mois de Ramadan. Mon premier Ramadan à Paris est un moment fort que je ne peux oublier. J'ai ressenti à la fois de la détermination et une grande nostalgie de l'ambiance collective que l'on connaît au Sénégal, pays de la Teranga : les préparatifs du Ndogou (ndlr la coupure du jeûn), les senteurs des plats, et surtout les beignets de ma tante Aby!
La difficulté principale n'était pas le jeûne en lui-même, mais l'éloignement du cadre familial. Il faut s'organiser différemment, adapter son rythme professionnel, expliquer parfois surtout aux collègues les exigences du mois sacré pour les musulmans. Cela demande une discipline personnelle et une force intérieure renforcée.
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Qu'est-ce qui vous a le plus marqué dans le fait de jeûner en France ?
Je suis présidente de l'association « DIASPORA HANDICAP SENEGAL » qui mobilise la diaspora pour soutenir leur scolarisation. Elle accompagne les familles et facilite l'accès à des aides techniques essentielles : fauteuils roulants et matériel adapté. Au-delà de l'assistance, l'association défend une inclusion fondée sur les droits et l'égalité des chances. C'est dans ce cadre que j'ai eu à organiser un Ndogou chez moi en invitant des amis de différentes nationalités. Chacun a apporté une spécialité de son pays.
Ce soir-là, j'ai compris que le Ramadan dépasse les frontières. L'esprit de partage et de solidarité peut se vivre partout, dès lors qu'on choisit de le cultiver.
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Quels conseils donneriez-vous à un Sénégalais qui va passer son premier ramadan hors de chez lui, au vu de votre parcours ?
Je dirais à ce compatriote : prépare-toi, garde le lien avec ta famille et amis et recrée tes traditions à ta manière . La nostalgie est naturelle, mais elle peut devenir une force. Le Ramadan à l'étranger est une expérience exigeante, mais profondément enrichissante.