Soudan: La nouvelle coalition chargée d'empêcher des atrocités au pays devrait agir rapidement

communiqué de presse

Elle devra protéger les civils, prévenir de nouvelles atrocités et faire progresser la justice

Le 26 février, cinq pays - l'Allemagne, l'Irlande, la Norvège, les Pays-Bas et le Royaume-Uni - ont conjointement annoncé la formation d'une coalition visant à prévenir les atrocités et à promouvoir la justice au Soudan. Alors que les atrocités se poursuivent sans relâche, la coalition devra accomplir une tâche imposante.

Cette annonce, faite par les cinq pays qui composent le Groupe central sur le Soudan (Sudan Core Group) au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, fait suite à la prise d'El Fasher, dans le nord du Darfour, par les Forces de soutien rapide (FSR) ; selon l'ONU, les FSR y ont mené des attaques caractérisées par une « violence génocidaire ». Au cours des 18 mois ayant précédé la chute d'El Fasher, alors que les FSR assiégeaient et bombardaient cette ville, Human Rights Watch et plusieurs autres organisations avaient alerté sur le risque d'atrocités. Mais les efforts de la communauté internationale, y compris des pays membres de la nouvelle coalition, n'ont pas suffi à protéger les civils.

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Au cours des derniers mois, les FSR ainsi que leurs adversaires, les Forces armées soudanaises, ont souvent utilisé des drones, notamment dans la région du Kordofan ; ces drones ont frappé des convois humanitaires, endommagé des infrastructures civiles, et tué ou blessé des civils. Ces événements mettent en évidence le prix à payer par les civils lorsque des forces coupables d'abus ont accès à des armes. La première mesure que devrait prendre la nouvelle coalition serait de tenter de couper le flux d'armes.

Les membres de la coalition devraient viser la protection physique des civils en créant une dynamique politique afin de créer une nouvelle mission de protection autorisée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, et en élaborant des plans concrets pour son architecture opérationnelle. Ils devraient également apporter un soutien politique et financier aux organismes d'aide locaux, qui sont continuellement attaqués, y compris en mettant en place un système afin de recenser les attaques contre les acteurs humanitaires locaux, et en agissant contre les responsables de ces attaques.

La coalition pourrait aussi soutenir les efforts en matière d'obligation de rendre des comptes, notamment en plaçant la justice au centre des dialogues politiques, en appelant à l'élargissement de la compétence de la Cour pénale internationale à l'ensemble du Soudan, et en encourageant les poursuites judiciaires en vertu du principe de compétence universelle.

Le succès de cette coalition se mesurera également selon sa capacité à renforcer les actions internationales concertées portant sur le Soudan. La coalition devrait collaborer de près avec le nouvel Envoyé personnel de l'ONU pour le Soudan, et rallier davantage de partenaires, notamment l'Union africaine, les États de la région et d'autres pays de l'Union européenne.

Cette coalition apporte une lueur d'espoir. Mais les pays qui la composent devraient être prêts à investir le capital politique nécessaire pour empêcher les parties belligérantes et leurs soutiens de continuer à agir en toute impunité.

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