La Haute Cour de Londres a refusé, hier, d'autoriser l'introduction d'un recours judiciaire contre le Foreign Office britannique au sujet de l'accord conclu entre le Royaume-Uni et Maurice sur l'archipel des Chagos. Trois plaignants, dont Bertrice Pompe, une Britannique née à Diego Garcia, contestaient la décision du gouvernement britannique. Ils soutenaient que le Foreign Office avait agi de manière illégale en ne consultant pas la communauté chagossienne avant la conclusion de cet accord. Bertrice Pompe avait déjà tenté, en mai dernier, de bloquer cet accord par une action en justice, sans succès.
Dans une décision écrite, la juge Mary Stacey a reconnu l'histoire douloureuse du sort des habitants des Chagos. Elle a évoqué la «longue et honteuse histoire du traitement des habitants de l'archipel» dans les années 1960 et 1970, lorsque les populations ont été expulsées de leurs îles pour permettre l'installation de facilités militaires.
Cependant, elle estime que la contestation présentée à la Cour constitue essentiellement une répétition d'arguments déjà examinés et rejetés par les tribunaux anglais dans des affaires antérieures concernant l'archipel. En conséquence, la Haute Cour a refusé d'accorder l'autorisation nécessaire pour que l'affaire soit examinée dans le cadre d'une Judicial Review.
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L'attention se tourne désormais vers une autre procédure judiciaire liée au dossier chagossien. Une audience est en effet prévue ce vendredi 13 mars 2026. Elle concerne la demande de Misley Mandarin d'obtenir le droit de rester sur l'île du Coin, dans l'archipel de Peros Banhos.
Contacté, l'Attorney General, Gavin Glover a souligné : «La décision de ne pas autoriser la contestation du traité est une bonne nouvelle dans un océan de mauvaises nouvelles ces temps-ci. Ce vendredi 13 mars, l'affaire Mandarin, qui demande l'autorisation de rester sur l'île du Coin, à Peros Banhos, sera entendue. Nous espérons que la Cour rejette sa demande. Mandarin, qui est né à Maurice et a bénéficié du welfare state jusqu'à son départ pour la Grande-Bretagne, s'autorise aujourd'hui à demander aux Chagossiens de renoncer à leur nationalité mauricienne. C'est le comble du ridicule et du pathétique. La Grande-Bretagne a toujours refusé le droit de retour aux Chagossiens. Maurice leur donnera ce droit, car l'article 6 du traité en fait état. Le chemin légal pour le retour passe par Maurice, pas par la Grande-Bretagne.»