La 18e édition de la rupture collective du jeûne au volant organisée par la Coordination nationale des gares routières de Côte d'Ivoire (Cngr-CI) s'est tenue dans une ambiance de ferveur spirituelle et de sensibilisation à la sécurité routière. L'événement, présidé par Touré Adama, a marqué les esprits par la présence exceptionnelle du Cheickoul Aiman Ousmane Diakité, président du Conseil supérieur des imams, des mosquées et des affaires islamiques en Côte d'Ivoire (Cosim).
La cérémonie s'est déroulée à la gare routière de la Riviera II, à Abidjan, en présence de plusieurs organisations professionnelles du secteur du transport, notamment l'Unitraci, la Fenscci, le Cnocp-CI et l'Ufesco. Plusieurs personnalités ont également honoré la rencontre de leur présence, dont l'ambassadeur Éric Taba et Coulibaly Vincent, directeur des Transports routiers et ferroviaires, représentant le ministre des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné.
Arrivé plus tôt pour la prière de l'après-midi, le guide religieux a profité de cette tribune pour livrer un message aux acteurs du transport. Il a salué leur rôle essentiel dans la société tout en déplorant l'image ternie du secteur par les nombreux accidents de la circulation. « Vous exercez un métier noble. Mais aujourd'hui, les accidents qui endeuillent notre pays ternissent l'image de cette activité », a-t-il déclaré.
Le Cheickoul Aiman Ousmane Diakité a insisté sur la nécessité de retrouver les valeurs d'honnêteté, de discipline et de crainte de Dieu qui guidaient autrefois les pionniers du transport. Il a notamment cité l'exemple de feu Kassoum Coulibaly, ancien acteur du secteur, pour illustrer qu'il est possible de réussir par le travail et le respect des règles.
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Selon lui, les accidents ne sont pas uniquement liés au manque d'instruction, mais aussi à la perte de certaines valeurs morales et spirituelles. Il a ainsi invité les transporteurs à adopter des comportements responsables et à éviter les pratiques qui provoquent la colère et les malédictions des usagers.
Le président du Cosim a également encouragé l'organisation d'un atelier réunissant les responsables des gares routières et les autorités religieuses afin d'analyser les causes profondes des accidents et proposer des solutions concrètes pour redorer l'image du secteur.
Avant l'intervention du guide religieux, Touré Adama, initiateur de la cérémonie, a dressé un tableau préoccupant de la situation du transport urbain dans la capitale économique. Selon lui, la ville d'Abidjan compte environ 100 000 acteurs du transport, dont 80 % n'ont pas été scolarisés et près de 70 % sont des chauffeurs vivant dans des quartiers précaires.
Prenant la parole au nom du ministre, Coulibaly Vincent a rappelé les efforts du gouvernement pour améliorer la sécurité routière, notamment avec l'opération « Zéro tolérance » déjà mise en oeuvre sur les routes ivoiriennes.
Au-delà du message spirituel et de sensibilisation, la rencontre a aussi été marquée par un élan de solidarité. Plus de 1000 kits alimentaires ont été distribués aux chauffeurs, apprentis et autres travailleurs du secteur du transport présents à la cérémonie.
Cette 18e édition de la rupture du jeûne au volant s'inscrit ainsi comme un moment de partage, mais aussi de réflexion collective sur la nécessité d'adopter des comportements responsables afin de préserver des vies sur les routes ivoiriennes.