Directrice générale de El Shaddai Construction CI et présidente fondatrice de l'ONG Bâtisseur d'Espoir Petra Roc, Ywanou Péhé épouse Tahou s'engage depuis plusieurs années en faveur des veuves et des orphelins en Côte d'Ivoire. À travers cette organisation créée en 2016, elle mène des actions d'assistance mais surtout d'autonomisation économique en faveur de ces femmes souvent fragilisées par les aléas de la vie. Dans cet entretien, elle évoque la situation des veuves dans le pays, les initiatives de son ONG ainsi que ses perspectives pour les années à venir.
Quelle est aujourd'hui la situation des veuves en Côte d'Ivoire ?
La situation des veuves en Côte d'Ivoire, à l'instar de celle de nombreuses couches sociales vulnérables, a connu quelques améliorations grâce aux initiatives du gouvernement, notamment les programmes de filets sociaux et la Couverture Maladie Universelle. Toutefois, il reste encore des efforts à faire, notamment en matière de prise en charge spécifique sur les plans économique, juridique et culturel, afin d'améliorer durablement les conditions de vie de cette frange particulièrement vulnérable de la population.
Quelles actions votre Ong mène-t-elle pour soutenir ces veuves ?
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Nos actions en faveur des veuves s'articulent autour de quatre formes d'assistance.
Tout d'abord, l'assistance morale. Elle se traduit notamment par l'organisation de trois grandes cérémonies de réjouissance : la Journée internationale de la veuve, la fête des Mères et la célébration de fin d'année. Nous apportons également un soutien moral et financier lors des décès, des sinistres ou encore en cas d'expulsion.
Ensuite, il y a l'assistance éducative, qui comprend des programmes d'alphabétisation et des formations en comptabilité simplifiée afin d'aider les veuves à mieux gérer leurs activités génératrices de revenus.
Nous proposons aussi une assistance économique à travers le financement et le suivi de leurs activités génératrices de revenus (Agr).
Enfin, nous apportons une assistance médicale, notamment pour la prise en charge de certaines pathologies graves nécessitant des interventions chirurgicales.
Encouragez-vous les veuves à entreprendre ?
Absolument. Notre action ne se limite pas à l'assistance. Nous mettons un accent particulier sur l'autonomisation. Pour cela, nous offrons aux veuves des formations et un accompagnement afin qu'elles puissent entreprendre ou renforcer leurs activités commerciales. L'objectif est qu'elles puissent subvenir à leurs besoins et retrouver leur dignité grâce à leur propre travail.
Où en est votre projet de centre d'hébergement et de formation pour les veuves marginalisées ?
Ce projet nous tient particulièrement à coeur. Le site destiné à accueillir ce centre est déjà acquis. Nous envisageons de lancer très prochainement les travaux de clôture. Par la suite, nous organiserons un dîner-gala afin de mobiliser des ressources pour la construction du centre, qui servira à la fois d'espace d'hébergement et de formation pour les veuves en situation de grande vulnérabilité.
Quelles sont les priorités de votre ONG pour l'année 2026 ?
Pour 2026, nous comptons renforcer nos actions en faveur de l'autonomisation des veuves. Nous allons également intensifier les programmes de formation, tout en poursuivant le financement et le suivi de projets collectifs portés par les bénéficiaires.
Quel message souhaitez-vous adresser ?
Je tiens d'abord à vous remercier pour cette opportunité d'échange. J'adresse également un message d'encouragement à toutes les veuves de Côte d'Ivoire : malgré les difficultés, il est possible de retrouver l'espoir et de reconstruire sa vie.
Je voudrais aussi féliciter les autorités ivoiriennes pour les actions déjà entreprises en faveur des veuves. Je les exhorte toutefois à poursuivre et renforcer ces efforts, notamment en soutenant davantage les initiatives visant à améliorer durablement les conditions de vie de cette frange vulnérable de notre société.