Sénégal: Baye Dame Khoule, responsable de la ferme agricole rénovation - Un opérateur économique revenu à la terre

11 Mars 2026

Homme d'affaires actif dans plusieurs secteurs à travers le pays, Baye Dame Khoulé a finalement répondu à l'appel de la terre. Depuis quelques années, il s'est engagé dans la valorisation des terres familiales héritées de ses ancêtres.

Entre les sillons de sa ferme, Baye Dame Khoulé, vêtu d'un boubou traditionnel, affiche une certaine fierté en présentant les investissements réalisés dans son périmètre maraîcher. De la connexion au bassin d'infiltration aux systèmes d'irrigation, jusqu'à la récolte des cultures, il maîtrise tous les détails techniques de l'exploitation. Pourtant, rien ne le prédestinait à devenir agriculteur.

À plus de soixante ans, parlant d'une voix posée mais précise, cet homme d'affaires revient sur son parcours. Pendant longtemps, il a évolué loin des champs. Entre 1986 et 1992, il a même vécu en France. Après cette expérience, il décide de rentrer au Sénégal pour investir. Le natif de Louga se lance alors dans le commerce.

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« J'ai commencé en vendant un peu de tout », raconte-t-il. Il transporte de l'arachide et du sel entre Dakar, le Sine-Saloum et Diaobé, dans le département de Vélingara. « J'allais vendre des arachides et du sel à Diaobé et, au retour, j'achetais du café que je revendais à Touba », explique-t-il. Il possède également des unités de transformation d'arachide dans la ville religieuse. L'une de ses activités les plus marquantes reste toutefois l'exploitation du sel.

Il crée la société Sel du Lac et installe plusieurs puits de sel à Keur Mbouki, dans le département de Mbirkilane (région de Kaffrine). Lorsqu'il évoque ce secteur, son enthousiasme est palpable. « Avec le sel seulement, le Sénégal pourrait créer beaucoup de richesses », affirme-t-il. Selon lui, la tonne de sel vendue 6 000 francs CFA au Sénégal peut atteindre 80 000 francs CFA dans certains pays de la sous-région, comme le Burkina Faso.

Au fil des années, Baye Dame Khoulé diversifie ses activités. Il possède notamment des camions de transport reliant le Sénégal à plusieurs pays de la sous-région, ainsi qu'un hôtel en Casamance. Mais l'agriculture va finalement devenir sa priorité. Selon lui, ce sont les circonstances qui l'ont poussé à se tourner vers la mise en valeur des terres familiales.

Objectif, 1 000 emplois

Un jour, explique-t-il, des individus ont commencé à revendiquer les terres sur lesquelles son père détenait des droits depuis 1950, bien avant l'indépendance. « Mon père avait un droit sur près de 400 hectares dans la zone de Touba Seras. Des gens ont commencé à vouloir s'approprier une partie de ces terres », raconte-t-il. Ses frères lui donnent alors procuration afin qu'il valorise le domaine familial pour éviter les lotissements anarchiques. « Même le bassin d'infiltration de l'Onas a été construit sur notre terrain avec notre accord », précise-t-il. Depuis lors, Baye Dame Khoulé s'est installé à Louga pour développer la ferme familiale.

Pour l'instant, seuls 27 hectares sont clôturés et aménagés. Mais l'entrepreneur voit plus grand. Il ambitionne d'exploiter 150 hectares, ce qui lui permettrait de créer jusqu'à 1 000 emplois. « Avec seulement 27 hectares, nous avons déjà généré une quarantaine d'emplois directs et indirects », souligne-t-il.

Cependant, il déplore que les litiges fonciers qui persistent sur une partie du domaine ralentissent ses projets. Malgré cela, l'exploitation paie déjà près de 6 millions de francs CFA d'impôts par an. L'initiative commence également à inspirer d'autres producteurs. Des maraîchers s'installent progressivement autour du bassin d'infiltration. Pour encourager cette dynamique, Baye Dame Khoulé affirme mettre un hectare à disposition de toute personne sérieuse souhaitant se lancer dans le maraîchage, afin d'éviter l'extension des lotissements irréguliers.

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