Sénégal: Le ministre de l'Intérieur constate une hausse des cas de viol, malgré la criminalisation de cette infraction

Dakar — Les statistiques judiciaires font état d'une progression des cas de viol et d'attentat à la pudeur avec violence au Sénégal ces dernières années, qui passent de 506 cas en 2021 à 623 en 2023, malgré l'option de la criminalisation, a indiqué le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Bamba Cissé.

"Selon les statistiques reçues, 506 cas ont été enregistrés en 2021, contre 519 en 2022 et 623 en 2023. Sur ces trois années successives, les chiffres sont en progression, malgré la criminalisation du viol", a-t-il relevé mercredi lors de l'examen, par l'Assemblée nationale, du projet de loi n°05/2026 modifiant l'article 319 de la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 portant Code pénal.

Ce texte de loi adopté à la majorité des députés comporte plusieurs innovations, dont un durcissent des peines applicables aux auteurs d'actes contre nature" (actes sexuels entres personnes de même sexe, zoophilie et nécrophilie).

Devant les députés, le ministre de l'Intérieur a également évoqué les statistiques de la Direction générale de l'administration pénitentiaire pour l'année 2024, faisant état de 37 433 personnes écrouées sur l'ensemble du territoire national.

Suivez-nous sur WhatsApp | LinkedIn pour les derniers titres

Parmi ces détenus, 11 080 sont poursuivis pour des faits de vol et de recel, tandis que 7 158 personnes sont incarcérées pour des infractions liées à la drogue, relevant de la matière criminelle.

Les données mentionnent également 1 250 cas de vol de bétail et 797 personnes impliquées dans des affaires de viol.

Pour l'année 2025, le nombre de personnes écrouées s'élève à 41 755 détenus, dont 10 703 pour des faits de vol et de recel et 8 470 pour des infractions liées à la drogue.

Le vol de bétail représente 1 426 cas, tandis que 818 personnes sont en attente de jugement pour des affaires de viol.

Mouhamadou Bamba Cissé a indiqué que, dans plusieurs cas, les personnes impliquées dans des actes "contre-nature" sont interpellées en flagrant délit, soit au moment de l'acte, soit lors de sa préparation ou dans des situations de tentative.

Dans ce contexte, le ministre a expliqué que la réforme envisagée vise à renforcer le caractère dissuasif de la loi.

"Il est proposé que la peine ne puisse être inférieure à cinq ans, avec la possibilité pour le juge d'aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement", a-t-il indiqué, estimant qu'il s'agit d'une option réfléchie et pertinente".

AllAfrica publie environ 600 articles par jour provenant de plus de 90 organes de presse et plus de 500 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.