L'Organisation internationale du Travail (OIT) a rendu public, mardi 10 mars, une étude intitulée « Comprendre et combattre la violence et le harcèlement au travail ». Ce rapport, qui traite de la Côte d'Ivoire, du Burkina Faso et du Sénégal, confirme une tendance : la violence dans le monde du travail est largement sous-estimée.
À l'observation des données collectées entre 2022 et 2024, l'Organisation internationale du Travail (OIT) dresse un premier constat : les victimes de violence au travail sont principalement des jeunes et des personnes âgées. Le harcèlement d'ordre psychologique est la forme la plus répandue. Il concerne 60% des cas relevés au Sénégal, 53% en Côte d'Ivoire et 40% au Burkina Faso.
Selon le rapport, plus d'une personne sur deux a donc été exposée à du harcèlement ou à des violences dans le milieu professionnel. Les effets de ces violences sont considérables. Jusqu'à la moitié des victimes affirment subir une détérioration de leur santé mentale, d'autres disent ressentir une baisse de motivation et une perte de confiance.
Autre constat : les signalements sont encore limités, parce que la plupart du temps, les victimes ont honte ou craignent d'être stigmatisées. Les victimes se confient principalement à des proches. Le recours aux voies formelles reste minoritaire.
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Pourtant, ce rapport montre que des mécanismes juridiques et institutionnels existent. Ainsi en Côte d'Ivoire, le Code pénal sanctionne les atteintes à l'intégrité physique ou morale, tout comme le harcèlement et le viol.
Même chose au Sénégal, où les peines peuvent aller jusqu'à trois ans de prison pour des personnes abusant de leur autorité. Mais selon l'OIT, les travailleurs ignorent encore trop souvent ces recours.