Le fils cadet du défunt président zimbabwéen Robert Mugabe fait face à la justice sud-africaine pour des faits de violence armée. Accusé d'avoir ouvert le feu sur un membre de son personnel au sein de sa résidence privée de Johannesburg, le jeune homme a surpris l'audience en renonçant à sa demande de remise en liberté provisoire.
Les faits, survenus le mois dernier dans le quartier huppé du nord de Johannesburg, ont plongé la famille Mugabe dans une nouvelle tourmente judiciaire. Bellarmine Chatunga Mugabe est poursuivi pour avoir tiré sur le jardinier officiant à son domicile. Selon les informations rapportées par le média panafricain Africanews, le mobile de cet acte reste pour l'heure un mystère total, les autorités policières locales précisant que l'enquête suit son cours pour déterminer les circonstances exactes de l'incident.
L'affaire a connu un rebondissement lors de la dernière comparution devant le tribunal sud-africain. Alors qu’il pouvait solliciter une libération sous caution, le prévenu a choisi de rester derrière les barreaux jusqu'à la prochaine audience, fixée au 17 mars 2026. Cette stratégie de défense, bien que singulière, pourrait être le prélude à des discussions plus larges avec le ministère public.
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L'entourage légal de Bellarmine Chatunga Mugabe joue la carte de la discrétion. Sinenhlanhla Mnguni, l'avocat par intérim du prévenu, a indiqué que le processus n'en était qu'à ses balbutiements. D'après les éléments partagés par la rédaction d'Africanews, si la question d'un plaidoyer de culpabilité n'est pas encore tranchée, la porte n'est pas fermée à d'éventuels arrangements avec l'État. Ces « négociations », classiques dans le système judiciaire sud-africain, visent souvent à trouver un terrain d'entente avant l'ouverture d'un procès complet.
Cependant, cette affaire écorche à nouveau l'image des héritiers de l'ancien « père de la nation » zimbabwéenne. Depuis le renversement de Robert Mugabe en 2017, ses fils Robert Jr et Bellarmine se sont régulièrement retrouvés sous les projecteurs, moins pour leurs ambitions politiques que pour leur train de vie fastueux et leurs frasques dans la capitale économique sud-africaine.
Par ailleurs, cette arrestation résonne comme un écho aux nombreuses controverses qui ont jalonné le parcours de la famille Mugabe, même après la fin de leur règne de 37 ans à Harare. La présence des fils de Grace Mugabe à Johannesburg, ville qu'ils fréquentent assidûment pour leurs activités mondaines, est de nouveau scrutée par l'opinion publique régionale.
Enfin, la suite de la procédure judiciaire sera déterminante pour le plus jeune des Mugabe. Le maintien en détention jusqu'à la mi-mars suggère que la justice sud-africaine entend traiter ce dossier de violence par arme à feu avec une rigueur particulière, loin du prestige diplomatique dont bénéficiait autrefois la famille.