Dimanche prochain, près de 2,6 millions d'électeurs congolais seront appelés aux urnes pour choisir celui qui présidera à leur destinée durant les cinq prochaines années. Sur le papier, l'exercice relève de la démocratie électorale classique. Dans les faits, le suspense est pour le moins limité.
Car le président sortant, Denis Sassou Nguesso, sera évidemment de la partie. Et sauf séisme politique -- dont personne ne voit aujourd'hui les prémices -- l'octogénaire de 82 ans devrait rempiler sans grande difficulté. Une victoire qui, pour beaucoup d'observateurs, semble écrite d'avance dans un scénario où l'alternance politique paraît toujours aussi lointaine.
Au Congo-Brazzaville, le temps semble s'être arrêté autour d'une figure qui domine la vie politique nationale depuis plus de quatre décennies. Tant que Denis Sassou Nguesso ne décidera pas lui-même de se retirer de la scène, l'horizon politique congolais restera difficilement envisageable sans lui. Une situation loin d'être exceptionnelle sous les tropiques.
À Brazzaville, la capitale, on a d'ailleurs revêtu les habits des grands jours pour accompagner ce rendez-vous électoral. L'atmosphère se veut festive, presque solennelle, comme pour célébrer un événement qui, officiellement, doit consacrer la vitalité démocratique du pays.
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S'il doit y avoir un suspense dimanche, il se situera sans doute davantage dans le taux de participation que dans l'identité du vainqueur. Car, sur la ligne de départ, les six autres candidats peinent à apparaître comme de véritables challengers, d'autant plus que les deux principales forces de l'opposition -- l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), héritière de l'ancien président Pascal Lissouba, et l'Union des démocrates et humanistes-Yuki (UDH-YUKI) -- ont choisi de boycotter le scrutin. Un retrait qui laisse le champ encore plus dégagé au président sortant.
Dans ces conditions, difficile de parler de compétition électorale. Lorsque le pouvoir d'État, l'appareil administratif et les moyens de campagne sont largement concentrés entre les mains d'un même camp, les dés semblent souvent pipés bien avant l'ouverture des bureaux de vote.
Ce n'est donc pas un hasard si Denis Sassou Nguesso traîne derrière lui des surnoms aussi évocateurs que « l'Empereur » -- une appellation qui lui avait été attribuée par certains de ses pairs africains, dont Alassane Ouattara et Alpha Condé -- ou encore « l'Inamovible », en référence à sa remarquable longévité politique.
Et pour cause ! L'homme a dirigé le Congo une première fois entre 1979 et 1992, à l'époque du parti unique. Avant de reconquérir le pouvoir par les armes en 1997, à l'issue d'une guerre civile qui allait rebattre les cartes politiques du pays. Depuis lors, Denis Sassou Nguesso n'a plus quitté le sommet de l'État. Et sauf surprise majeure, rien ne semble aujourd'hui en mesure d'interrompre le parcours de celui qui aura passé, au total, plus de la moitié de sa vie à la tête du Congo.