À l'occasion de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, l'Association des femmes juristes de Côte d'Ivoire (AFJCI) a organisé, le jeudi 12 mars 2026, une table ronde à l'Hôtel Pullman Abidjan autour du thème : « Le litige stratégique comme levier d'accès à la justice et de réforme des droits des femmes ».
Cette rencontre a réuni des membres de l'association, des partenaires institutionnels ainsi que plusieurs acteurs de la société civile. Elle visait à créer un espace d'échanges sur les avancées juridiques en matière de droits des femmes en Côte d'Ivoire, tout en examinant les obstacles qui entravent encore leur application effective.
Dans son allocution d'ouverture, la présidente de l'AFJCI, N'Guessan Virginie, a salué les progrès juridiques enregistrés ces dernières années. Elle a notamment rappelé que la Constitution ivoirienne de 2016 consacre clairement le principe d'égalité entre les femmes et les hommes. À cela s'ajoutent plusieurs réformes importantes touchant notamment au mariage ou encore à la représentativité des femmes dans les assemblées élues.
Toutefois, pour la présidente de l'AFJCI, ces avancées demeurent insuffisantes si elles ne se traduisent pas concrètement dans la vie quotidienne des citoyennes.
Restez informé des derniers gros titres sur WhatsApp | LinkedIn
« Le droit écrit ne suffit pas. La justice sur papier n'est pas toujours la justice vécue », a-t-elle affirmé, soulignant l'importance de renforcer les mécanismes permettant aux femmes d'accéder réellement à leurs droits.
Le litige stratégique, un outil de transformation
Au coeur des échanges figurait la notion de litige stratégique, une approche qui consiste à porter devant les tribunaux des affaires emblématiques afin de provoquer des évolutions juridiques ou institutionnelles en faveur des droits humains.
Un panel de haut niveau composé de Assa Akoh Simone, Offomou Kaudjis et Traoré Drissa a analysé le cadre juridique national ainsi que les opportunités offertes par ce mécanisme pour renforcer la protection des femmes.
Les intervenants ont insisté sur la nécessité de poursuivre les réformes législatives et surtout de veiller à l'application effective des textes existants, notamment dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Ils ont également évoqué les défis liés à la parité, à l'équité et à l'égalité des chances, tout en rappelant l'importance de la mise en oeuvre effective du quota de 30 % de représentation des femmes dans les instances électives.
Trois engagements pour l'avenir
Pour Mme N'Guessan Virginie, la promotion effective des droits des femmes repose sur trois engagements majeurs : la connaissance, le dialogue et l'action.
Les participants ont salué la pertinence des échanges et exprimé leur satisfaction face à cette initiative qui contribue à renforcer la collaboration entre juristes, institutions publiques et organisations de la société civile.
À travers cette table ronde, l'AFJCI entend ainsi poursuivre son plaidoyer pour une justice plus accessible et plus équitable pour les femmes et les filles en Côte d'Ivoire, en faisant du litige stratégique un véritable levier de transformation sociale et juridique.