Ile Maurice: Quand toutes les couleurs dansent

Une carte blanche du bureau du Premier ministre. Sur laquelle l'équipe réunie par Move For Art a imprimé les couleurs du quadricolore. Pour les porter haut. Pour qu'elles flottent au-dessus du Champ-de-Mars avec fierté, en ce 58e anniversaire de l'Indépendance et 34e anniversaire de la République. C'était hier, lors du spectacle marquant la fin de la partie protocolaire des célébrations officielles de la fête nationale.

Tous les danseurs des différents styles, dont une quarantaine venant du Mahatma Gandhi Institute, ainsi que les frères Joseph, réunis sur un même plateau, dansant en même temps. Aux antipodes des séquences mises bout à bout, qui nous ont été trop souvent servies. Dire la diversité en trois tableaux, après un mois de travail. Le tout reposant entièrement sur de la création.

En ouverture, «Insulaire» dans un décor de plantes endémiques sur fond de pierres pour «se fondre dans les montagnes qui entourent le Champ-de-Mars». Astrid Dalais de Move For Art explique que la scénographie a misé sur un mix de nature et de technologies, avec des projections sur grand écran montrant champs de canne, marché central et voitures vintage, entre autres. Outre la diversité, ce tableau d'abord entièrement féminin illustre l'équilibre homme-femme.

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Sur la scène, tous les chanteurs et danseurs sont en blanc. Avant que les couleurs n'inondent la scène. Certains évoluent dans des bassins remplis d'eau pour ajouter à la fluidité des mouvements. Il y a une évocation des métiers, avec l'uniforme orange de l'éboueur, le bleu du facteur, la toque blanche du cuisinier. «Les sportifs Stéphan Buckland et Bruno Julie étaient là. Yves David était présent. Ce doyen de la peinture mauricienne symbolise le dialogue entre les générations», nous dit Astrid Dalais.

Le deuxième tableau a fait des références aux «Chagossiens, Rodriguais, Agaléens». On entendra quelques notes de Bake Yaya, invité d'honneur seychellois oblige. Avant de finir avec «Folklore», une «célébration des scènes de vie mauricienne que l'on voit tous les jours sans se rendre compte à quel point cela fait partie de notre identité». Le tout, porté par la voix de Serge Lebrasse en playback. Puis en live : Sayaa, la soprano Véronique Zuël et Zoë Rozar, entre autres. Move for Art nous a en mis plein les yeux et le coeur, hier soir au Champ-de-Mars. Avant que la seconde partie de spectacle, dit populaire, ne permette au grand public, qui s'est déplacé en nombre, d'envahir le tarmac.

L'effort de renouvellement de la police

Actualité oblige, on est frappé par les armes que les différentes unités de la police ont paradées au Champ-de-Mars. D'autant plus que le thème choisi cette année est «Peace, justice and liberty». La fête de l'unité nationale est-elle une démonstration de force ou un appel à la fraternité ?

Il y a sans doute une réflexion plus approfondie à mener autour de ces symboles… pour que la police garde sa chaussure au pied. Lors de l'un des passages du détachement de policières, celle menant les troupes, emportée dans son élan, a d'ailleurs perdu l'une de ses chaussures. Un retard vite rattrapé dans le tempo de l'exercice.

Ceci dit, avec le solo à la guitare électrique de couleur verte du constable Pierre-Louis de l'orchestre de la police, l'image de cet ensemble a pris un sérieux coup de neuf. Le Pace Stick Silent Drill d'un régiment de la Special Mobile Force - comme une marche militaire au rythme d'un compas - a aussi retenu l'attention. Mais le clou de la parade a été le passage des hélicoptères : vol à basse altitude, looping, vol en piqué avant de se redresser au dernier moment. Le public a eu son moment de frisson.

Pas de «drone show»

Un drone show était initialement prévu lors des célébrations officielles de la fête nationale, hier. Il devait être assuré par la Mauritius Film Development Corporation. Mais la séquence n'a pas eu lieu, officiellement parce qu'«à cause du conflit au Moyen-Orient, les équipements prévus pour le drone show ne nous sont pas parvenus à temps».

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