Tchad: Dépenses du président du pays à Paris - «Des allégations» de Mediapart sans «preuve matérielle», réagit Ndjamena

Le 10 mars 2026, Mediapart a publié un article intitulé « Les folles dépenses du président du Tchad à Paris : la justice sur la piste du cash du Royal Monceau ». Le site français d'investigation assure que « le chef de l'État tchadien Mahamat Idriss Déby Itno et son entourage ont dépensé ces dernières années 867 533 euros dans le célèbre palace parisien, dont la quasi-totalité en espèces ». Gassim Cherif Mahamat, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, réplique « que ce sont des allégations parce qu'il n'y a pas l'ombre d'une preuve matérielle ».

En France, alors que le Parquet national financier (PNF) a ouvert en 2024 une enquête sur des achats, notamment de costumes, du président du Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, pour un montant de 915 000 euros, le site français d'informations en ligne Mediapart a publié un article dans lequel les journalistes affirment que le chef de l'État tchadien a dépensé près de 867 000 euros, dont 784 000 en espèces, entre 2021 et début 2026 au sein du palace parisien le Royal Monceau.

Des dépenses en liquide importantes et répétées donc alors qu'en France, indique Mediapart, les règlements en espèces à un professionnel pour une personne qui n'est pas résidente fiscale dans l'Hexagone, sont plafonnés à 10 000 euros.

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Suite à la diffusion de cet article, les autorités tchadiennes ont souhaité réagir. Gassim Cherif Mahamat, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, parle d'allégations. Il reproche à Mediapart de ne fournir aucune preuve et estime que l'État du Tchad n'a pas à répondre à la justice française sur l'enquête en cours.

« Nous n'avons pas à répondre à la justice française sur des dépenses que le chef de l'État aurait faites »

« Nous sommes d'abord surpris par ces informations, affirme Gassim Cherif Mahamat, au micro de Guillaume Thibault. Nous pensons que ce sont des allégations parce qu'il n'y a pas l'ombre d'une preuve matérielle, et nous attendons que Mediapart produise les preuves matérielles de ces allégations ».

Il poursuit : « La population tchadienne a aussi, c'est vrai, un droit de regard sur la gestion des deniers publics. Mais le plus important, il faut que la population tchadienne le sache - et c'est réclamé par les populations tchadiennes, par les populations africaines de manière générale, et c'est un débat dans la société civile - c'est qu'il n'y a pas que les Africains qui vont là-bas pour faire du shopping, pour aller en visites de travail, en visites familiales, en visites officielles. Ce n'est pas une manière d'éluder la question, mais ce débat doit être posé et nos populations aussi se posent cette question-là. »

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement conclut : « Mais nous n'avons pas à répondre à une justice française sur des dépenses que le chef de l'État aurait faites, ou sa délégation. Ça, c'est une réflexion plus globale qu'il faut élargir à d'autres pays. Le Tchad ne fait pas exception dans ce domaine, en la matière. Encore faut-il que ces montants dont on parle, que ces allégations, soient confirmés et corroborés par des preuves. »

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