Afrique: Communiqué de la 1331ème réunion tenue le 19 février 2026 en séance publique sur « Climat, Paix et Sécurité »

Le Conseil de paix et de sécurité,

Rappelant le thème de l'année 2026, tel qu'adopté par la 38e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'UA, tenue les 14 et 15 février 2026 à Addis-Abeba (Éthiopie), à savoir : « Assurer une disponibilité durable de l'eau et des systèmes d'assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l'Agenda 2063 » ; et la Décision [Assembly/AU/Dec. 815 (XXXV)] adoptée par la 35e session ordinaire de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement de l'UA tenue les 5 et 6 février 2022, dans laquelle la Conférence a reconnu le « lien inextricable entre le climat, la paix et la sécurité » et a demandé à la Commission de l'UA d'accélérer la réalisation d'une étude d'évaluation des risques sécuritaires liés au climat, en consultation avec les États membres de l'UA, ainsi que d'élaborer sans délai une position africaine commune (PAC) sur le lien entre le climat, la paix et la sécurité (CPS), et a également adopté la Stratégie et le Plan d'action (2022-2032) de l'Afrique en matière de changement climatique et de développement résilient, qui souligne le rôle du changement climatique en tant que multiplicateur potentiel de menaces dans le domaine de la paix et de la sécurité ;

Rappelant également la Déclaration d'Addis-Abeba sur le changement climatique, adoptée par le deuxième Sommet africain sur le climat (ACS2) convoqué par la Commission de l'UA en collaboration avec la République fédérale démocratique d'Éthiopie, du 8 au 10 septembre 2025 à Addis-Abeba (Éthiopie), qui, entre autres, reconnaît également le changement climatique comme un multiplicateur de menaces pour la paix et la sécurité et souligne l'importance de d'élaborer et de mettre en oeuvre la Position africaine commune sur le changements climatique, la paix et la sécurité (CAP-CPS) en tant que cadre continental décisif ;

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Rappelant en outre toutes ses décisions et déclarations antérieures sur le climat, la paix et la sécurité, en particulier le Communiqués [PSC/PR/COMM.1301 (2025)] adopté à sa 1301e réunion tenue le 17 septembre 2025, le Communiqué [PSC/PR/COMM.1263 (2025)] adopté à sa 1263e réunion tenue le 6 mars 2025, le Communiqué [PSC/PR/COMM.1240 (2024)] adopté à sa 1240e réunion tenue le 30 octobre 2024, le Communiqué [PSC/PR/COMM.1184 (2023)] adopté à sa 1184e réunion tenue le 7 novembre 2023, le Communiqué [PSC/MIN/COMM.1114 (2022)] adopté à sa 1114e réunion tenue le 11 novembre 2022, le Communiqué [PSC/PR/COMM.1079 (2022)] adopté à sa 1079e réunion tenue le 21 avril 2022, le Communiqué [PSC/PR/COMM.1051 (2021)] adopté à sa 1051e tenue le 26 novembre 2021, le Communiqué [PSC/AHG/COMM.1 (CMLXXXIV)] adopté à sa 984e réunion tenue le 9 mars 2021 ;

Reconnaissant que le changement climatique constitue l'un des facteurs multiplicateurs de menaces graves et croissantes pour la paix et la sécurité en Afrique, tout en réaffirmant que le lien entre le climat, la paix et la sécurité reste une priorité permanente à l'ordre du jour du Conseil ;

Prenant note de l'allocution d'ouverture de S.E. l'Ambassadeur Dr Obaida Eldandarawy, Représentant permanent de la République arabe d'Égypte auprès de l'UA et Président du CPS pour le mois de février 2026, de l'allocution liminaire de S.E. l'Ambassadeur Bankole Adeoye, Commissaire de l'UA aux affaires politiques, à la paix et à la sécurité, de la déclaration de S.E. M. Moses Vilakati, Commissaire de l'UA à l'agriculture, au développement rural, à l'économie bleue et à l'environnement durable (ARBE), lue en son nom, de la déclaration de S.E. M. Parfait Onanga Anyanga, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies auprès de l'UA, ainsi que les déclarations des États membres de l'UA ;

Agissant en vertu de l'article 7 de son Protocole, le Conseil de paix et de sécurité ;

1. Se félicite des progrès accomplis dans l'élaboration de la PAC-CPS et réitère sa demande à la Commission de l'UA, en consultation avec les États membres et les Communautés économiques régionales et les Mécanismes régionaux (CER/MR), le Groupe africain de négociateurs (AGN), les organisations de la société civile, les centres d'excellence africains et les Nations Unies, d'accélérer l'élaboration du projet de PAC-CPS ; souligne l'importance d'une Position africaine commune unifiée et cohérente sur le climat, la paix et la sécurité, et appelle à l'élaboration de la PAC-CPS par les experts nationaux de tous les États membres avant sa validation par le Conseil, de préférence au cours de la seconde moitié de l'année 2026 ;

2. Souligne la nécessité, dans l'élaboration de la position commune africaine, de veiller à l'alignement sur les réalités nationales et régionales, adossé à un cadre conceptuel clair axé sur le traitement des risques et des défis liés au climat grâce aux mécanismes existants, en renforçant davantage les cadres d'adaptation, en promouvant les systèmes d'alerte précoce et de réponse anticipée, en favorisant la résilience et en accélérant la mise en oeuvre des plans nationaux d'adaptation, ainsi qu'en veillant à ce que le processus reste consultatif et itératif, favorisant un large consensus et une appropriation par les États membres ;

3. Note avec préoccupation l'impact et les conséquences considérables du changement climatique sur les communautés, toute chose qui influence la dynamique de paix et de sécurité à travers l'Afrique, agit comme un multiplicateur de menaces et exacerbe les vulnérabilités, intensifie la concurrence pour les ressources foncières et hydriques, et contribue à l'insécurité, à l'accélération des déplacements de population et aux crises humanitaires, ce qui augmente les risques de conflits violents et d'instabilité ;

4. Note avec une profonde préoccupation les effets néfastes du changement climatique, notamment son impact sur la santé et les moyens de subsistance des personnes, notamment en raison de phénomènes tels que l'élévation du niveau de la mer, la sécheresse, la désertification et les catastrophes naturelles ;

5. Souligne que les pays africains, malgré leur faible contribution aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, ne disposent pas des capacités et des technologies appropriées pour mettre en oeuvre des mesures d'adaptation et d'atténuation, alors qu'ils sont de plus en plus confrontés à l'augmentation de la dette, à la réduction de l'espace budgétaire, au protectionnisme commercial et au relâchement des engagements en matière de climat ; souligne la nécessité d'élaborer des stratégies d'adaptation au changement climatique et de résilience climatique inclusives, efficaces et équitables qui intègrent les femmes et les jeunes pour la développement durable en Afrique ;

6. Souligne la nécessité d'intégrer l'analyse des risques climatiques multiples dans les cadres de diplomatie préventive, ainsi que la sensibilité aux conflits dans le système continental d'alerte précoce ;

7. Encourage le renforcement de la collaboration et de la coordination entre les États membres, les CER/MR et la Commission de l'UA, notamment par la mise en place de plateformes permettant de partager les expériences et les enseignements tirés, ainsi que les bonnes pratiques en matière d'adaptation au changement climatique, de résilience climatique et de réduction des risques de catastrophes climatiques ; et demande à la CUA, par l'intermédiaire de ses départements compétents, d'accélérer la mise en oeuvre de l'Agence humanitaire africaine et du Mécanisme continental de capacité civile pour la préparation et la réponse aux catastrophes, en particulier les catastrophes climatiques ;

8. Appelle à la réalisation de l'étude sur l'évaluation des risques sécuritaires liés au climat et à la mise en oeuvre de la matrice du CPS sur les menaces à la paix et à la sécurité sur le continent, adoptée en août 2025 ;

9. Souligne la nécessité de considérer l'adaptation au changement climatique comme un impératif stratégique pour le développement durable en Afrique ; et insiste sur l'importance d'aligner le financement de l'adaptation au changement climatique sur les efforts de prévention des conflits et de renforcement de la résilience, afin que les investissements climatiques génèrent des dividendes plus tangibles en matière de paix, de sécurité et de stabilité sur le continent ;

10. Souligne l'importance de renforcer la résilience de l'Afrique grâce à des mesures pratiques d'adaptation et d'atténuation, notamment l'agriculture intelligente face au changement climatique, le développement de systèmes d'irrigation, les énergies renouvelables, l'amélioration de la gestion des ressources en eau et l'agriculture durable, et encourage les États membres à renforcer davantage leur collaboration et leur coopération en matière de gestion des ressources naturelles transfrontalières.

11. Souligne la nécessité de mettre pleinement en oeuvre l'engagement de tripler le financement de l'adaptation à l'horizon 2035, grâce à une aide à la préparation et au renforcement des capacités, afin de faire en sorte que les ressources consacrées à l'adaptation au changement climatique parviennent aux communautés et aux pays vulnérables au changement climatique qui en ont le plus besoin, notamment les pays côtiers et insulaires, ainsi que les pays de la région du Sahel et du Bassin du lac Tchad, tout en améliorant l'accès par des mesures visant à améliorer les options d'accès direct et à simplifier les procédures, en plus de l'alignement sur les priorités nationales ;

12. Appelle les partenaires internationaux à intensifier la mobilisation de financements adéquats, durables et prévisibles pour l'adaptation au changement climatique, l'atténuation de ses effets et la résilience ; réaffirme le principe des responsabilités communes mais différenciées, de l'équité, ainsi que la nécessité de tenir compte des différentes situations nationales, et appelle à un soutien accru et prévisible aux pays africains par le biais du financement climatique, du transfert de technologies et du renforcement des capacités dans les domaines de l'alerte précoce, de l'adaptation climatique sensible aux conflits et de la gouvernance des ressources naturelles ; dans ce contexte, souligne la nécessité de renforcer davantage les mécanismes africains de financement climatique, et de tirer parti, de manière adéquate, du fonds pour les pertes et dommages, notamment par la mise en oeuvre des engagements existants, appelle la communauté internationale à s'acquitter de ses responsabilités en adaptant sa réponse au changement climatique aux spécificités du continent africain ;

13. Se félicite de la réaffirmation par la COP30 que les mesures climatiques, y compris les mesures unilatérales, ne doivent pas constituer une discrimination arbitraire ou injustifiable ou une restriction déguisée au commerce, salue l'instauration du dialogue mandaté sur les opportunités, les défis et les obstacles au renforcement de la coopération internationale liée au rôle du commerce, comme l'a réitéré le Comité des chefs d'État et de gouvernement africains sur le changement climatique (CAHOSCC), qui s'est tenu en marge de la 39e session ordinaire tenue le 16 février 2026 ;

14. Prend note du travail du Mécanisme de sécurité climatique des Nations Unies en Afrique en faveur des États membres de l'UA et des CER/RM, notamment par la fourniture d'une assistance technique, le renforcement des capacités et un soutien en matière d'alerte précoce afin de prévenir et de traiter plus efficacement les risques liés au climat, à la paix et à la sécurité ;

15. Encourage les États membres à prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la mise en oeuvre des Contributions déterminées au niveau national, des plans nationaux d'adaptation et d'autres initiatives nationales en matière de climat, notamment en renforçant la gouvernance climatique afin d'assurer l'efficacité de leurs actions climatiques ;

16. Attend avec intérêt la COP31 qui sera organisée à Antalya (Türkiye), ainsi que la COP32 qui sera organisée à Addis-Abeba (Éthiopie) ; et

17. Décide de rester activement saisi de la question.

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