Sur 100 entreprises créées, 86,6 % passent la première année, mais seulement 53,8 % tiennent plus de 5 ans. Cette donnée est sortie des résultats de l'Enquête nationale sur la démographie des entreprises (Endes) réalisée par l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd) entre le 10 mars et le 10 juillet 2025.
Entre 2018 et 2024, 86,6 % des entreprises nouvellement créées survivent à leur première année d'exercice. Un taux encourageant, qui montre une vraie résilience initiale. Pourtant, après 5 ans, seulement 53,8 % sont encore actives. Près de la moitié disparaît avant même de se situer dans le marché. Cette donnée est ressortie de l'atelier de partage des résultats de l'Enquête nationale sur la démographie des entreprises (Endes) menée par l'Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd).
Entre une mortalité précoce et une création pourtant soutenue, le secteur fait face à des défis qui persistent au fil des années. Il s'agit principalement de l'accès aux financements, qui dénote plus d'une méconnaissance des mécanismes financiers existants. Selon les données, les fermetures se concentrent surtout entre 2019 et 2021, avec un pic dramatique en 2020 (25,3 %), suivi de 2021 (15,5 %). 34,6 % des fermetures sont dues à des difficultés d'accès aux financements, 31,2 % à une perte de marché et 27,1 % à la pandémie de Covid-19. Viennent ensuite l'environnement non propice (10,4 %) et l'endettement élevé (9,9 %).
La même enquête renseigne que la plupart des créateurs d'entreprise ont atteint un niveau d'instruction supérieur. Mais, toujours est-il qu'il y a un réel défi quant à la maîtrise de l'écosystème des affaires avec souvent des choix stratégiques discutables.
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L'Enquête souligne que certains secteurs sont particulièrement vulnérables. Il s'agit, entre autres, des transports et des télécommunications qui affichent un taux de fermeture de 39,7 % au lancement, suivi des hôtels-bars-restaurants (27,4 %) et des industries alimentaires (25,3 %).
À l'inverse, les industries textiles (y compris la couture) sont les plus solides avec seulement 4,2 % de fermetures précoces. Du point de vue de la croissance, le tissu entrepreneurial est dominé par les Très petites entreprises (Tpe). Elles représentent 98,84 % des unités actives en 2024. Enfin, 96,4 % des entreprises sont des créations pures, traduisant plutôt une forte culture d'initiative individuelle.
Lors de la présentation des résultats de l'Endes, le Dr Abdou Diouf, directeur général de l'Ansd, a indiqué que disposer de données sur la création, la survie, la croissance, la transmission et la cessation des activités économiques des entreprises est d'une importance capitale.
« La démographie des entreprises est un indicateur essentiel de la vitalité de notre tissu productif. Elle éclaire la dynamique entrepreneuriale, la capacité d'innovation, la création d'emplois et la résilience de notre économie face aux chocs », a-t-il souligné. M. Diouf estime que cette enquête vient ainsi « combler un vide statistique majeur » qui, jusque-là, ne donnait aucune lisibilité sur la démographie des entreprises.
Dans le même ordre d'idées, Bakary Sega Bathily, directeur général de l'Apix, a traduit ces chiffres en perspectives d'actions concrètes. Il estime que la démographie des entreprises constitue un instrument stratégique permettant d'identifier les contraintes structurelles à la croissance, d'orienter les réformes du climat des affaires et de renforcer le rôle du secteur privé dans la transformation structurelle de l'économie sénégalaise ».